"Univers Intimes" EXPOSITION des Peintures de Piero Cavalleri du 16 mars au 30 avril 2018 à PASSEART | Canal32


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"Univers Intimes" EXPOSITION des Peintures de Piero Cavalleri du 16 mars au 30 avril 2018 à PASSEART

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Piero Cavalleri ou le lyrisme des profondeurs

Envoûtements d’étendue. Vagues d’immensité. Lyrisme des profondeurs. La première impression est celle d’un déploiement infini, d’un resserrement chromatique extrême qui donne vie totale à la puissance éclairante d’une implacable couleur. Comme un rythme d’univers dans un emportement quasi cosmique. Mystique et peinture s’étreignent.

Les cieux denses de Piero Cavalleri absorbent tous les contours, en brumes profondes qui dématérialisent le monde. Un bleu-nuit d’oubli, qui toujours s’éloigne, sublime la matière noyée dans ses secrets. Tout enfonce et tout renaît, exaltant la tension des demi-teintes qui s’étagent jusqu’aux lumières délivrées, quand l’étendue se déploie sans limite.

Les paysages abstraits de Piero Cavalleri sont de grands mouvements arrêtés, quasiment monochromes, et qui débordent d’énergie. Le regard choisit son centre de gravité dans l’échelle de la peinture, s’engloutit vers le bas, où le fond peut devenir sombre et tragique, mais s’élève aussitôt vers les hauteurs fluides, là où disparaissent les blessures du jour, dans l’ultime à portée de regard.

Les souvenirs des choses terrestres deviennent autant d’ascèses picturales, et dans le miroir de ces méditatives partitions, la rationalité occidentale n’ose plus faire surface… L’amertume des choses est balayée, et l’espace tout entier respire.

Mais il y a encore des failles, des fractures, des semblances de cités abandonnées, et des traces de meurtrissures vitales. Une main de scalpel laisse surgir de fines passerelles d’opacité, et le jeu tendu et fatal des noirs et des blancs accidente subtilement l’étendue. Parfois de suprêmes fulgurances charnelles vibrent dans l’espace. Elles disent l’éternité des désirs à jamais inassouvis.

Christian Noorbergen