Ce dimanche, Bayel a accueilli la 9e édition de la Fête du Verre dans les locaux de l’ancienne Manufacture des Cristalleries Royales de Champagne. Organisé par l’Association Patrimoine et Culture de Bayel (APCB), l’événement gratuit a attiré entre 1 500 et 2 000 visiteurs entre 10h et 18h. En plus des démonstrations de soufflage par Manolo (revoir son portrait dans un Jour dans l’Aube), les participants ont pu exceptionnellement accéder à une partie des anciens ateliers, habituellement fermés au public.
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Cette édition s’est volontairement recentrée sur le patrimoine industriel, sans exposition de pièces en cristal. Une approche assumée par Monique Varennes, présidente de l’association : « On voulait mettre en avant le lieu, les machines, les fours… Les gens sont surpris de voir que tout est encore là, même si une partie a été démontée. »
Une fête, un rendez-vous vital
Cette ouverture exceptionnelle annuelle, souvent le seul moment où les anciens ateliers reprennent vie, est devenue bien plus qu’un simple événement culturel. Elle est un moment de retrouvailles, de transmission et d’attachement au territoire.« Il y a des familles qui se retrouvent, des anciens collègues. C’est important, c’est une manière de garder notre histoire vivante », poursuit Monique Varennes.
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Parmi les visiteurs, plusieurs anciens salariés ont fait le déplacement. Christine Plançon, employée de 1983 à 2016 à l’atelier du verre froid, se souvient : « Je faisais le rebrûlage, le contrôle, l’empaquetage. À l’époque, on était entre 600 et 700. Aujourd’hui, on revient tous les ans pour retrouver nos anciens collègues. C’est important. Sans ça, Bayel perdrait une partie de son âme. »
Dans un village où il ne reste ni boulangerie, ni bar, cette fête reste l’un des derniers liens avec un passé ouvrier encore très présent dans les mémoires. « Sans ça, ce serait un village mort », résume simplement Christine Plançon.
Une immersion dans un passé encore présent
Même attachement chez Henri Piubello, tailleur de cristal de 1967 à 1974 à Bayel, formé par son père, Meilleur Ouvrier de France. Ce dimanche, il est venu réaliser des démonstrations de taille, fort de 50 ans de métier.
« Le cristal, ça circule dans mes veines. Ce métier, quand vous l’aimez, vous ne pouvez pas arrêter », confie-t-il. « La première fois que je suis revenu, peu après la fermeture, j’en aurais pleuré. Il n’y avait plus que le silence et les hirondelles. »
Originaire du village, il souligne l’importance de préserver la mémoire verrière locale : « Il ne faut pas que les gens oublient. Ici, c’est 350 ans d’histoire. D’autres villages comme Spoy ou Bligny avaient aussi des verreries, mais aujourd’hui, plus personne ne s’en souvient. » « C’est pour ça qu’on fait ça. Si on ne fait rien, dans 30 ou 50 ans, plus personne ne saura qu’il y avait une cristallerie à Bayel. »
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Un site vivant
L’événement marque aussi une volonté de faire vivre ce patrimoine industriel, dans l’attente d’un éventuel projet de réaménagement du site.
Le musée du Cristal et la boutique de l’Atelier du Verre sont ouverts toute l’année (fermeture en janvier). Les démonstrations de soufflage, peinture sur verre en été et boules de Noël en hiver rythment les saisons… avec toujours autant de succès.
« Vous voyez un gamin qui vient souffler, qui met la canne dans sa bouche et qui va choisir ses couleurs et qui va faire sa boule de Noël », sourit Monique Varennes. Un moment qui illustre bien le lien fragile mais vivant avec le passé verrier.
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