Un pompier, un pinceau, et une vie entière de passion. C’est l’héritage que Jean-Pierre Lemire a laissé derrière lui, et que le musée de la mémoire chapelaine met aujourd’hui à l’honneur. Depuis mercredi, une exposition rassemble ses figurines et ses tableaux, confrontés à deux séries de photographies sur l’histoire des sapeurs-pompiers.
Une double vie entre caserne et atelier
Jean-Pierre Lemire n’était pas qu’un homme du feu. Sapeur-pompier à Paris puis à Rouen, il avait également suivi une formation aux beaux-arts dans cette même ville normande. Ce double parcours explique la précision et le réalisme de ses œuvres : des scènes d’incendie saisies avec le regard de celui qui les a vécues de l’intérieur.
Décédé il y a un an, il laisse une collection qui traverse les époques. Les figurines qu’il a confectionnées côtoient ses tableaux, tandis que deux expositions photographiques complètent l’ensemble : l’une revient sur le célèbre incendie de Troyes survenu en 1985, l’autre propose une vision contemporaine du métier.
Une donation familiale pour une seconde vie
C’est Laurent Lemire, fils de l’artiste, qui a rendu cette exposition possible. Il a choisi de faire don de l’ensemble de la collection à la commission histoire de l’union départementale des pompiers de l’Aube. Un geste pour que le travail de son père ne reste pas dans l’ombre.
C'est une collection qui est le résultat d'une passion, de l'œuvre d'une vie. Mon père avait été pompier, sapeur-pompier à Paris, à Rouen. Il avait aussi la particularité d'avoir fait les beaux-arts à Rouen, ce qui explique son coup de crayon et le fait qu'il ait pu faire ces tableaux, ce qui est très réaliste des scènes de feu.
Une résonance particulière dans le contexte actuel
L’exposition prend une dimension supplémentaire cet été. Alors que les incendies se multiplient en France et en Europe, replonger dans l’histoire de la lutte contre le feu n’a rien d’anodin. Laurent Lemire le souligne lui-même : « comprendre le passé de ce combat, c’est aussi mieux envisager l’avenir ».
Pour lui, la pédagogie que dégagent les œuvres de son père n’était sans doute pas consciente. Ce que Jean-Pierre Lemire voulait transmettre avant tout, c’était la passion du métier, le dévouement de ces hommes résumé dans la devise « sauver ou périr ». La transmission, elle, s’est faite naturellement.
C'est vrai que dans le contexte actuel, avec les feux un peu partout en France et en Europe, ça a une résonance particulière et c'est très intéressant aussi de justement comprendre le passé de cette lutte contre le feu, pour avoir une idée de ce qu'on peut améliorer, de l'avenir de tout ça.
Deux semaines pour découvrir l'exposition
L’exposition est visible pendant deux semaines au musée de la mémoire chapelaine, les mercredis, jeudis et vendredis. Une occasion de croiser figurines minutieusement fabriquées, toiles réalistes et archives photographiques, pour mieux saisir ce que signifie, depuis toujours, être sapeur-pompier.