En cherchant une grande maison familiale, le couple Casabianca ne s’attendait pas à devenir propriétaire d’un morceau d’histoire. Il y a près d’un an, ils ont acquis l’une des deux villas des frères Comte à Bar-sur-Aube, construites dans les années 1920.
Ces demeures témoignent d’une époque où le commerce du bois était florissant dans la région. Les frères Comte, qui ont fait bâtir ces deux maisons jumelles, ont marqué leur temps. Ils ont été primés lors d’expositions universelles sur le bois. L’allée de marronniers située derrière la propriété menait directement à leur scierie.
Les habitants de Bar-sur-Aube surnomment souvent ces deux villas « les châteaux ». « C’est le moyen de créer un mythe, une légende. Mais en tout cas, c’est leur patrimoine », explique le propriétaire.
Amoureux de musique et désireux d’en savoir davantage sur leur maison, les Casabianca ont décidé d’ouvrir leurs portes au public. Samedi 8 juin, un clarinettiste et un pianiste du canton se produiront dans le salon de 18h à 23h. L’événement est organisé via la plateforme « Qui veut faire un concert chez nous ». Le programme sera éclectique, avec des musiques de films et du Chick Corea.
« Cette maison est bien connue des spécialistes, de ceux qui travaillent sur l’histoire du pays baralbin. Nous, on a envie de connaître aussi cette histoire, d’aller à la rencontre de ces spécialistes pour qu’ils nous racontent ce qu’ils savent », confie le propriétaire. Pour les voisins et les promeneurs, c’est l’occasion de pénétrer dans un lieu familier mais inaccessible, « comme la grande tour qu’on voit de loin mais dans laquelle on ne rentre jamais ».
La villa Louis Comte a été construite en 1925, dessinée par l’architecte des monuments historiques local. Il a innové en mêlant sur quatre niveaux bois, briques, pierres et béton. L’intérieur conserve des éléments d’époque, dont un lustre emblématique de la période Art nouveau et Art déco.
Les nouveaux propriétaires ont l’intention d’entretenir cette création. Des travaux sont nécessaires, notamment le remplacement de fenêtres dont le bois est abîmé. « Contrairement à ce que les maîtresses de maison peuvent penser, ce n’est pas nous qui tenons la maison, mais c’est la maison qui nous tient », résume le propriétaire.
L’inscription pour assister au concert est obligatoire. La participation aux frais est libre.