À 7 heures du matin, les pompiers venaient de repartir. Catherine Manoël se retrouvait en pyjama, au milieu de sa cour, face aux décombres de son atelier. Quelques heures plus tôt, dans la nuit du 12 au 13 juillet, un incendie avait tout détruit : robots, ustensiles, chaudrons en cuivre, et un stock de fruits estimé à 3 300 euros. Vingt-cinq ans de savoir-faire réduits à néant en une nuit.
Pourtant, dès 8 heures, la maître-artisan confiturier appelait le maire d’Auxon. Non pas pour se lamenter mais pour se remettre au travail.
C'est moi qui décide le jour où le Comptoir des Confitures s'arrêtera.
Un local communal transformé en atelier provisoire
Thierry Lorne, maire d’Auxon, a réagi sans attendre. Il a mis à disposition un local municipal vacant, gratuitement, pour permettre à Catherine Manoël de relancer sa production. Le bâtiment nécessite des travaux d’adaptation. La mobilisation est immédiate pour accueillir un nouvel atelier.
Peintre, plombier : plusieurs artisans du réseau de la Chambre de métiers de l’Aube et du Grand Est sont sollicités pour remettre bénévolement le local en état. Le raccordement électrique d’Enedis constitue la première urgence pour lancer les travaux.
On ne compte pas sur l'industrie. Nous, en campagne, si on n'a pas d'artisan, on n'aura plus grand-chose.
Un artisan peintre va venir finir le boulot et un plombier va venir pour faire tous les raccordements de gaz. Tout ça à titre gracieux et totalement bénévole.
La quête des chaudrons en cuivre, nerf de la guerre
Remettre le local en état ne règle qu’une partie du problème. Catherine Manoël est formelle : cela couvre « 10 à 15 % » du défi à relever. L’essentiel reste à trouver : les chaudrons, les ustensiles, les robots de cuisine et le matériel de cuisson. Pour élaborer ses 686 recettes entièrement à la main, elle utilisait près d’une soixantaine de bassines en cuivre, dont l’épaisseur varie selon chaque type de confiture.
Un premier geste est venu de l’entreprise Le Parfait, qui lui a offert six bassines en cuivre. Une cagnotte en ligne a également été ouverte pour financer l’achat du matériel manquant : https://www.leetchi.com/fr/c/venir-en-aide-au-comptoir-des-confitures-1001585 .
euros de stock de fruits perdus dans l’incendie
ans d’existence du Comptoir des Confitures
Le salon du made in France – MIF – en ligne de mire
Fondé il y a 25 ans dans le Gard, le Comptoir des Confitures s’est installé dans l’Aube il y a une quinzaine d’années. Catherine Manoël avait achevé l’agrandissement de son atelier six mois avant l’incendie et envisageait de recruter pour accompagner la croissance de l’entreprise.
Aujourd’hui, l’objectif est ailleurs : relancer la production à temps pour participer au salon Made in France, en novembre prochain, où elle a été sélectionnée pour représenter le département de l’Aube et la région Grand Est. Un rendez-vous qu’elle entend honorer — et, si possible, remporter.
Je me pensais seule là-bas dans mon hameau. Et ce que je vois ne peut que me pousser encore plus. Je crois que mon rêve, ce serait de rentrer après le MIF avec le premier prix, ici.
Pour en savoir plus sur le projet de développement du Comptoir des Confitures avant le sinistre : Une cagnotte en ligne pour doubler la production du Comptoir des Confitures
