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26 février 2026 à 16:56

Les tuiles en violon : un savoir-faire artisanal qui renaît

Fin 2023, le bâtiment d’accueil du champagne Chassenay d’Arce partait en fumée. Pour la reconstruction, la coopérative a souhaité refaire la toiture à l’identique avec ses tuiles en violon. Problème : la tuilerie qui commercialisait ce modèle n’existe plus. C’est donc la Poterie-Tuilerie Drouilly à Amance qui est désormais en charge de la fabrication.

L’entreprise familiale auboise a pu refaire le moule grâce à une tuile existante. La fabrication est réalisée grâce à un système de pressage : chaque tuile est reprise à la main pour une finition manuelle. L’intégralité de la fabrication va nécessiter entre 12 et 15 moules.

Si la fabrication des tuiles est la partie visible de l’iceberg, un gros travail d’élaboration a dû être réalisé en amont. Près de 40 000 tuiles vont être réalisées pour refaire la toiture du bâtiment. Cette commande d’ampleur représente 60 % de l’activité de l’entreprise et devrait se terminer au printemps.

Un procédé exigeant, reconstitué de zéro

La tuile en violon tire son origine du milieu du XIXe siècle. Inventée à l’est de la France, elle doit son nom à sa forme d’étui à violon. Sa conception favorise l’étanchéité, facilite le ruissellement et son poids limite les risques d’envolée par grand vent. Progressivement abandonnée au profit de procédés mécaniques plus rentables, elle a presque disparu des catalogues.

La Poterie-Tuilerie Drouilly a dû reconstituer l’ensemble du procédé sans documentation ni témoin direct. La tuile retrouvée en stock — probablement récupérée il y a une vingtaine ou une trentaine d’années — s’est avérée identique à celle du Chassenay d’Arce, ce qui a permis de refaire un moule et de lancer une fabrication en série. Chaque moule supporte environ 3 000 à 4 000 pièces avant d’être remplacé pour éviter les défauts dimensionnels.

Après le pressage à 20 tonnes, les tuiles sèchent une dizaine de jours à une température allant jusqu’à 65 degrés — une étape aussi critique que la cuisson, car un séchage trop rapide provoque des fentes. Elles passent ensuite au four à 1 080 degrés pendant 21 heures, avant un contrôle visuel et sonore pièce par pièce.

Un savoir-faire local face à l’industrialisation

La commande mobilise des outils de conception et de fabrication assistées par ordinateur, mais aussi d’anciennes machines remises en état. Le flammage naturel, la réduction d’oxygène en cuisson et le panachage des teintes ont également exigé des essais spécifiques pour obtenir une toiture homogène.

L’entreprise, fondée en 1892, dispose de ses propres carrières de terre à Amance : le projet est donc intégralement local. La quatrième génération s’apprête à reprendre la direction. Il y a un siècle, le département de l’Aube comptait une centaine de tuileries ; il n’en reste aujourd’hui qu’une poignée.

Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.