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13 novembre 2025 à 19:00
Lymphœdème, douleurs, problèmes cicatriciels ou posturaux… Les motifs de consultation et de suivi médical suite à un cancer du sein sont multiples. Gros plan sur le lymphœdème (syndrome du « gros bras ») : un symposium a récemment eu lieu à Troyes sur cette thématique, à l’initiative de la CPTS Troyes Champagne Métropole et des Hôpitaux Champagne Sud, pour sensibiliser les professionnels de santé concernés par ces prises en charge. Sur place, des spécialistes de l’hôpital Cognacq-Jay ont pu partager leur expertise. Masseurs-kinésithérapeutes et spécialistes peuvent aider les patientes à soulager les pathologies issues des traitements contre le cancer du sein.
Le lymphœdème secondaire touche une femme sur cinq ayant subi un curage axillaire — l’ablation des ganglions sous le bras — dans le cadre d’un traitement contre le cancer du sein. Il peut survenir peu de temps après l’opération ou des années plus tard, parfois jusqu’à vingt ans après. La pathologie n’est pas liquidienne au sens strict : avec le temps, la lymphe stagnante transforme les tissus en peau et en graisse, ce qui la distingue d’un œdème classique. Le Dr Stéphane Vignes, chef du service de lymphologie à l’hôpital Cognacq-Jay à Paris et centre de référence en la matière, résume l’enjeu : « On ne peut pas guérir le lymphœdème. Alors que le cancer est guéri, le lymphœdème ne peut pas guérir. »
Les conséquences dépassent le seul aspect physique. Le bras peut devenir lourd, la main perdre en précision, et le manchon de compression porté au quotidien trahit, aux yeux de l’entourage, un cancer que la patiente avait parfois voulu taire. Des infections — les érysipèles — peuvent également compliquer l’évolution.
Mylène Ferreira, kinésithérapeute membre du réseau RKS (Réseau des kinés du sein, qui regroupe plus de 1 600 praticiens formés en sénologie), et Laura Cato, cadre de rééducation et kinésithérapeute à la clinique Inicea de Saint-André-les-Vergers, détaillent les traitements disponibles. La phase intensive, menée en milieu hospitalier sur environ quinze jours, repose sur des bandages portés vingt-trois heures sur vingt-quatre. Elle permet en moyenne de réduire le volume du membre d’une trentaine de pourcents. Vient ensuite une phase de maintien : autobandages nocturnes environ trois fois par semaine, autodrainage et manchons adaptés.
Contrairement aux idées reçues longtemps véhiculées, l’activité physique ne favorise pas l’apparition du lymphœdème — elle le prévient, au même titre que le contrôle du poids. Une patiente opérée peut utiliser normalement son membre supérieur, y compris pour une prise de sang ou une prise de tension. La prise en charge ne se limite pas au lymphœdème : rééducation de l’épaule, travail des cicatrices, troubles posturaux après mastectomie, fatigue, fonte musculaire — autant de séquelles que kinésithérapeutes, ergothérapeutes, diététiciennes et psychologues peuvent traiter ensemble.
Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.