C’est sur son fil Twitter, et depuis Paris, que le maire de Troyes, François Baroin, a réagi au décès de Jacques Chirac, ce jeudi, à l’âge de 86 ans :
Pour Jacques Chirac
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours connu Jacques Chirac. Il était déjà là dans ma vie d’enfant comme une grande figure tutélaire forgée dans la fidélité et l’amitié que mon père et lui avaient nouées à Sciences-po dans les années 50.
Je me souviens de sa main imposante posée sur ma tête, de son regard intense et bienveillant, de ses appels téléphoniques des dimanche soirs, de tous ces gestes ordinaires qui au fil du temps ont tissé une intimité attentive et respectueuse.
Sa disparition est, pour moi, d’abord, une infinie tristesse, un grand chagrin, inconsolable.
Ami de jeunesse de mon père, il constituait avec lui l’exemple de ces hommes dont l’enfance marquée par la guerre en avait fait des êtres rares, puissants, profondément républicains et enracinées dans l’amour de la France.
Nous ne nous sommes jamais quittés et Jacques Chirac a toujours été présent lorsque les épreuves ont touché ma famille.
Un mercredi soir d’hiver 1987, c’est lui, Premier ministre, qui est venu m’annoncer la mort de mon père et après un discours bouleversant devant son cercueil m’a promis qu’il trouverait toujours le temps nécessaire pour moi.
Cette promesse fut tenue et au-delà.
De cet instant, encore plus, Jacques Chirac a fait partie de la famille Baroin.
Je lui suis infiniment redevable de m’avoir encouragé, soutenu et éclairé dans mon engagement politique, de m’avoir transmis ces valeurs de respect, d’humanisme et de bienveillance à l’égard des Français.
De personnel, notre cheminement commun a pris de ce fait une dimension politique dans laquelle la fidélité et le respect mutuel ont toujours été les marqueurs de notre relation.
Dans la solitude de 1994 comme dans la victoire de 1995, Jacques Chirac est resté le même humble mais déterminé, conscient de la tâche à accomplir.
Je lui suis aussi infiniment redevable de m’avoir fait confiance en me donnant mes premières responsabilités ministérielles, en me transmettant sa passion pour nos compatriotes des outremer et le destin de leurs territoires.
La France perd un grand serviteur qui a aimé sincèrement les Français et dont le regard empreint de bonté sur les mondes qui l’ont entouré est une leçon de vie pour nous tous.
Je le pleure comme un fils. Mes pensées les plus affectueuses accompagnent Bernadette et Claude Chirac qui me trouveront toujours à leurs côtés.
Reportage complet sur les attaches de Jacques Chirac avec Troyes et l’Aube dans le JT de Canal 32 ce jeudi (1ère diffusion : 18h30).