Elle n’a jamais pris un seul cours de danse. Pourtant, Léna Gremillet a terminé deuxième de la compétition mondiale de Just Dance, face à 15 concurrents venus du monde entier. La Troyenne, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme LinaTac, a participé aux Games of the Future les 6 et 7 août derniers à Astana, au Kazakhstan.
Un format de compétition exigeant, axé sur la précision
La compétition réunissait seize joueuses et joueurs répartis en quatre équipes de quatre, tirées au sort avant le début de l’événement. Chaque participant devait maîtriser une liste de treize musiques imposées, communiquée à l’avance. Le critère principal : le score. Chaque geste compte.
« C’est vraiment la précision qui jouait, même si le jury était un peu là pour voir si on exécutait bien toute la chorégraphie », explique Léna Gremillet. Le jury pouvait ainsi pénaliser un joueur dont la technique visuelle était insuffisante, indépendamment du score affiché.
Il y a des musiques que j'ai recommencé peut-être 50 fois pour avoir un mouvement. À la fin, ça peut être énervant, mais à la fin on peut y arriver.
Des heures d'entraînement pour quelques dixièmes de point
Derrière la performance se cachent des mois de préparation minutieuse. Léna Gremillet décrit un travail par séquences : lorsqu’un mouvement est maîtrisé — cinq ou six essais consécutifs parfaits —, elle passe au suivant. Certaines musiques ont nécessité des dizaines de répétitions pour un seul geste.
Cette rigueur tranche avec l’image grand public du jeu. Just Dance reste perçu comme un divertissement de salon. Pourtant, à ce niveau de compétition, la marge entre qualification et élimination se joue sur des fractions de point.
Une discipline encore méconnue en France
Léna Gremillet le reconnaît sans détour : la compétition internationale de Just Dance reste largement ignorée du grand public français. « L’événement, on n’en a jamais entendu parler », dit-elle. Même constat pour l’édition précédente, où une autre Française avait participé sans que cela ne suscite d’écho médiatique notable.
Le paradoxe est réel : Just Dance est un jeu développé par Ubisoft, une entreprise française, mais la discipline compétitive qu’il a générée peine à trouver sa place dans le paysage médiatique hexagonal. En dehors de la communauté de joueurs, la visibilité reste quasi nulle.
De la K-pop aux réseaux sociaux, un parcours construit sans filet
Pratiquante de Just Dance depuis une douzaine d’années, Léna Gremillet a découvert la K-pop — musique coréenne — il y a environ neuf ans. Elle apprend les chorégraphies en vogue et les filme pour les poster sur ses réseaux. Son organisation est rodée : deux à trois sessions de danse par semaine, un ou deux jours dédiés au tournage, un fond vert maison retravaillé sur Photoshop.
Lancée sur les réseaux sociaux il y a près de six ans, elle cumule aujourd’hui plus de 28 000 abonnés sur TikTok, YouTube et Instagram. Aucun cours de danse n’a jamais été suivi. « Il ne faut pas avoir peur de se lancer, honnêtement, il n’y a pas de jugement », dit-elle à ceux qui hésitent.
La prochaine étape, serait de proposer des cours de danse à Troyes, notamment de K-pop. Une façon de ramener sur le territoire aubois une passion forgée devant un écran.