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« Le 1680 » change de mains, ses patrons changent de vie

Homme en tenue noire ajustant un parasol orange sur la terrasse en jardin d'un ancien presbytère en pierre

Après dix-huit ans à leur compte dans l’Aube dont six ans dans l’ancien presbytère de Bercenay-en-Othe, le chef Jérémy Claes et son épouse Lydie Bazin tirent leur révérence ce 30 août. Le restaurant Le 1680 passe dans les mains d’un jeune couple passé par des tables étoilées.

Ce 30 août, le restaurant Le 1680 à Bercenay-en-Othe baisse définitivement son rideau. Depuis une quinzaine de jours, l’établissement affiche complet à chaque service — une façon, pour les habitués, de dire au revoir à Jérémy Claes et Lydie Bazin, le couple qui a porté ce projet pendant six ans dans les murs d’un ancien presbytère.

Dix-huit ans à leur compte, puis l'envie d'ailleurs

La décision n’a rien d’une fuite. « Ça tourne très bien, il n’y a aucun souci financier », précise Jérémy Claes. Après dix-huit ans d’activité indépendante, c’est simplement l’envie de tourner une page. Le couple a mis en vente les murs et le fonds de commerce en février dernier. Un mois plus tard, un couple de repreneur était trouvé. Les démarches administratives sont en cours.

La destination choisie dit beaucoup de leurs priorités : le Jura. Là-bas, leur fils aîné est déjà installé. Le cadet, passionné de vélo, souhaitait lui aussi rejoindre la montagne. Lydie Bazin, connue dans le secteur troyens comme professeure de sport, envisage de renouer avec sa formation en fitness. Quant au chef, une proposition de poste dans un restaurant d’altitude lui a déjà été faite. « Je n’ai pas encore dit oui, il faut finir ici, il faut faire le déménagement », confie-t-il.

La salle du restaurant le 1680 permet d'accueillir une trentaine de convives.
Après sept années consacrées au 1680, le couple part pour une nouvelle aventure dans le Jura.

Un presbytère transformé en restaurant semi-gastronomique

L’histoire du 1680 à Bercenay-en-Othe commence en réalité à Saint-Mards-en-Othe. C’est là que Jérémy Claes et Lydie Bazin s’installent en 2010, après des années dans des restaurants gastronomiques parisiens. Neuf ans plus tard, ils tombent sur cet ancien presbytère : coup de cœur immédiat, travaux conséquents. Il n’y avait ni cuisine professionnelle, ni même de cuisine tout court, ni sols finis. Après six mois de chantier, le restaurant ouvrait ses portes.

« On s’était dit que se rapprocher de Troyes, ça ne peut faire que du bien. Justement, c’est ce qui s’est passé », résume le chef. L’établissement, qui peut accueillir une trentaine de couverts, a fidélisé une clientèle qui a suivi le couple depuis Saint-Mards-en-Othe. Une cuisine « simple et généreuse », selon les propres mots de Jérémy Claes, dans un cadre soigné.

18

ans d’activité à leur compte pour le couple

1

mois pour trouver un repreneur après la mise en vente

Un jeune couple passé par des tables étoilées reprend l'affaire

Les nouveaux propriétaires sont attendus mi-octobre. Lui est sommelier,  il travaillait à Beaune. Elle, originaire de Rigny-le-Ferron — un village à une quinzaine de kilomètres de Bercenay-en-Othe —, sera aux fourneaux.

La cession a surpris les Claes-Bazin eux-mêmes. L’établissement avait aussi été mis en vente en tant que maison d’habitation. Vendre les deux en un mois, « on ne s’attendait pas à ça », reconnaît le chef.

On est fiers de ce qu'on a réussi, mais qu'à 50 %, parce que les 50 % ce sont nos clients, s'ils ne viennent pas, on n'est rien. Je voudrais les remercier pour toutes ces années où ils sont venus, où ils étaient fidèles.

Jérémy Claes, Chef cuisinier – Restaurant Le 1680

Une clientèle d'abord fâchée, puis touchée

L’annonce du départ n’a pas été accueillie sans émotion. « Au premier temps, on s’était un petit peu énervés », rapporte Jérémy Claes en évoquant la réaction de certains habitués. Avant que la surprise ne laisse place aux félicitations. « C’est touchant », admet-il sobrement.

Le 1680 affiche complet depuis une quinzaine de jours, jusqu’à la fermeture prévue ce 30 août. 

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