Une semaine avant la fête des mères, Sophie Dufay présentait la gamme olfactive de la marque auboise La Petite Madeleine ce samedi 23 mai à la boutique troyenne Pompon et Basilic. « La fête des mères étant très importante pour notre activité puisque nous avons une importante clientèle cadeaux. », précise-t-elle. Cinq ans après le lancement de l’activité, Sophie et Guillaume Dufay ont bâti une une gamme de savons artisanaux, d’eaux de parfum, de bougies, élaborée avec des parfumeurs de renom, dont Paul Guerlain. Le petit-fils du fondateur de la célèbre maison éponyme est signataire de leur dernière création : Le Figuier du Mas Saba. Implantée à Rosières-près-Troyes, La Petite Madeleine fait appel au savoir-faire aubois pour la fabrication et la commercialisation de ses produits.
La Petite Madeleine, des collaborations avec des parfumeurs de grande maison
Ce qui distingue La Petite Madeleine dans le paysage de la parfumerie artisanale, c’est la qualité de ses collaborations. Guillaume Dufay a travaillé pour les groupes L’Oréal et Shiseido avant de fonder la marque auboise. « Il avait vraiment envie de proposer sa propre voie et d’avoir vraiment une totale liberté dans la création des parfums », précise Sophie Dufay. Ce parcours lui a permis de côtoyer des parfumeurs et des maisons de composition. Le premier à avoir soutenu le projet était Fabrice Pellegrin, qui a travaillé pour Azzaro et a été élu parfumeur de l’année en 2017. « Il a suivi La Petite Madeleine, a accepté de mettre son nom sur le packaging, et de là, ça nous a permis d’accéder à d’autres parfumeurs », explique Sophie Dufay.
La création la plus récente de la maison s’appelle Le Figuier du Mas Saba. Elle a été élaborée avec Paul Guerlain. Ce parfum rend hommage à un figuier des Pyrénées-Orientales, lieu de vacances de Guillaume Dufay. « C’est un figuier qui était très important dans l’enfance de mon mari et il avait envie de retrouver cette fragrance. C’est une création dont on est très fiers. Quand on présente un parfum, on aime que ça fasse aussi écho à notre propre Madeleine de Proust. C’est vraiment ce qu’on a envie de proposer et ce qu’on voit régulièrement aussi avec nos clients. Comment un parfum peut vous ramener à des souvenirs profonds », raconte Sophie Dufay.
Les créateurs aubois soumettent une idée ou un ingrédient autour duquel ils souhaitent travailler, puis des échanges s’engagent avec le parfumeur. « Ça peut être 6, 7 échanges, pour y arriver vraiment » à l’accord entre la vision et la création proposée, précise Sophie Dufay. Une fois le concentré de parfum validé, il suit un processus avant d’être mis en flacon et assemblé à l’atelier.
Un ancrage territorial revendiqué
Le duo fondateur de La Petite Madeleine revendique une élaboration locale. Le packaging est imprimé chez Brodart à Arcis-sur-Aube. L’impression sur verre est réalisée à Villenauxe-la-Grande. La macération a lieu à Nogent-sur-Seine. Les bouchons, fabriqués à la main à partir de poudre de coquillage, sont conçus par des artisanes basées à Tours. Le montage des étuis est confié à l’APEI, un ESAT local. Les savons et bougies sont fabriqués dans leur atelier à Rosières-près-Troyes. « Quand on a des urgences, tout le monde se met en ordre de marche pour nous permettre de livrer dans un temps record. Si on travaillait par exemple avec la Chine, on aurait des délais très longs », souligne Sophie Dufay. La marque s’approvisionne aussi en huile d’olive française cultivée au pied des Pyrénées-Orientales pour ses savons.
Ce circuit court a une contrepartie sur les prix. Les eaux de parfum sont vendues entre 85 et 135 euros selon le volume, les bougies à 36 euros et les savons à 12 euros. « Ça reste un prix bien sûr conséquent, mais par rapport à tout le travail qu’il y a derrière et le savoir-faire des entreprises françaises, ça reste un challenge aussi. », reconnaît la cofondatrice.
C’est vrai que quand on pense au parfum. On pense à Grasse. On pense à Paris. On ne pense pas forcément à l'Aube. Impression, sérigraphie, macération, on s'est aperçu que le département proposait tout ça et qu'il n'y avait qu'à tout mettre en cohérence.
Des parfums plébiscités
À Troyes, chez Pompon et Basilic, la gérante Emmanuelle Duc ne cache pas son enthousiasme : « C’est un grand succès pour la boutique. Certains clients ne viennent que pour ces produits. » Elle distribue la marque depuis ses débuts : « À l’époque, ils ne proposaient que des savons, mais leur démarche était exceptionnelle : collaborer avec des grands parfumeurs, une fabrication soignée, des ingrédients sourcés avec soin, et un emballage très beau, fabriqué dans l’Aube. Tout cela m’a immédiatement séduite. » Installée depuis 25 ans, elle apprécie les bougies de La Petite Madeleine : « Elles parfument intensément une grande pièce, mais sans être entêtantes. » Certains clients de la boutique en sont déjà à leur quatrième flacon de parfum.
Où découvrir La Petite Madeleine dans l’Aube ?
Hormis la vente en ligne, la marque auboise est aujourd’hui distribuée dans une quarantaine de boutiques en France et une quinzaine à l’étranger, principalement en Europe. Dans l’Aube, ses produits sont disponibles chez Pompon et Basilic, à la Cité du Vitrail, à l’Office du Tourisme à Troyes et au fleuriste Studio Madeleine aux Riceys. Une bougie exclusive a également été créée en collaboration avec le Musée d’Art Moderne de Troyes. L’ambition à long terme : « être là dans 100 ans », précise Sophie Dufay en souriant, et s’ancrer comme une maison de parfum. « On a à cœur de rester indépendante, d’avoir un développement serein. On veut que ça perdure, et pour ça, il faut aussi poser des bases solides. »