Le rideau ne tombera pas sur Le Vagabond. Depuis ce 1er octobre, la société Artec assure la gestion du cinéma de Bar-sur-Aube, après le départ du précédent exploitant annoncé six mois plus tôt. Un délai jugé court par tous les acteurs, mais suffisant pour organiser une passation sans interruption de l’activité.
La ville reste propriétaire des murs, qu’elle détient depuis près de vingt ans. L’exploitation, elle, relève du secteur privé. Ce modèle public-privé, Charles Vintrou le connaît bien : le dirigeant d’Artec gère déjà une quinzaine de cinémas de proximité appartenant à des municipalités, et programme les séances de 110 salles à travers la France, qu’elles soient associatives, municipales ou privées.
J'exploite une quinzaine de cinémas de proximité qui appartiennent à des municipalités et qui me confient la gestion de leur cinéma. Et une deuxième activité qui est complètement complémentaire, qui est la programmation de cinéma indépendant. Nous programmons 110 cinémas, qu'ils soient associatifs, municipaux ou privés.
Un mariage public-privé rendu nécessaire
La mise en relation entre la ville et Artec doit beaucoup à Jean-Pierre Bodnar, cinéphile et ancien professionnel du secteur. Il a lui-même géré Le Vagabond de 1982 à 2014, en partenariat avec Gaumont. Pour lui, l’association entre une commune et un opérateur privé n’est plus une option, c’est une nécessité économique.
On a connu, comme toutes les autres salles, dans les années 85, 87, 88, la chute du cinéma à cause des nouvelles technologies qui arrivaient. C'était à l'époque le magnétoscope. On donne au minimum 50 % de la recette aux distributeurs de films. Il faut la partager avec la TVA, une taxe spéciale additionnelle. Et après, il y a tous les frais de fonctionnement. Et donc, à un moment, tout seul, on ne peut pas y arriver.
Pas question de laisser la salle noire
Face au départ du précédent gestionnaire prévu le 30 septembre, la priorité a été clairement établie : ne pas laisser le cinéma fermer, même temporairement pour éviter une baisse de la fréquentation. Un contrat court a donc été signé pour une durée minimale de quinze mois, le temps d’organiser un appel d’offres en bonne et due forme.
Artec entend bien en profiter pour démontrer sa valeur. « On essaiera de prouver qu’on est les meilleurs dès les premiers mois », a indiqué Charles Vintrou. La société pourra ensuite candidater à la gestion à plus long terme, comme d’autres exploitants éventuellement intéressés.
euros : coût annuel du service pour la commune
euros de loyer perçus par la ville
places réparties dans deux salles
habitants dans le bassin de vie desservi
Un équipement culturel ancré dans le territoire
Le Vagabond n’est pas qu’une salle de cinéma ordinaire. Bar-sur-Aube se situe à une heure de Troyes et à quarante minutes de Chaumont. Entre les deux, aucun autre cinéma. La salle accueille non seulement les habitants du bassin de vie — 25 000 personnes, dont 4 800 à Bar-sur-Aube — mais aussi toutes les écoles de la communauté de communes et la cité scolaire locale, qui propose une option cinéma reconnue.
Pour marquer ce changement de gestionnaire, une séance gratuite est proposée ce mercredi soir à 20h30, dans la limite des places disponibles.
Dans l’Aube, la gestion des cinémas est aussi en mouvement du côté de Troyes : Elisa Walbert, la nouvelle directrice du cinéma CGR de Troyes
