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budget : le Département doit faire face à la hausse des dépenses sociales

Philippe Dallemagne, lunettes à monture jaune, en veste bleue marine, assis à une table de réunion devant un drapeau européen

L’assemblée départementale de l’Aube s’est réunie ce lundi pour ajuster son budget 2026. Face à une hausse de plus de 9 millions d’euros des dépenses, principalement liée au RSA et aux prestations handicap, le Département cherche des marges de manœuvre.

Neuf millions d’euros supplémentaires à absorber. C’est le défi auquel fait face le Département de l’Aube après l’examen, ce lundi, de sa décision modificative du budget 2026. L’exercice, qui vise à aligner le budget sur les dépenses et recettes réellement constatées, a mis en lumière une pression croissante des dépenses de solidarité.

Le RSA et le handicap font exploser les prévisions

La cause principale de ce dérapage est clairement identifiée : l’évolution des dépenses sociales. Le RSA et les prestations liées au handicap ont progressé au-delà des projections initiales, creusant un écart total de plus de 9 millions d’euros par rapport au budget voté. Une réalité que connaissent de nombreux conseils départementaux en France, pris en étau entre des compétences sociales obligatoires et des ressources contraintes.

9

millions d’euros de dépenses supplémentaires en 2026

6

millions d’euros récupérés via le fonds de sauvegarde des départements

Le fonds de sauvegarde, utile mais insuffisant

Pour combler une partie du déficit, le Département a pu compter sur le fonds de sauvegarde des départements, qui a apporté 6,6 millions d’euros. Un ballon d’oxygène, mais qui ne suffit pas à lui seul à rétablir l’équilibre. D’autres leviers ont donc été actionnés : réduction du recours à l’emprunt et, surtout, décalage dans le temps de certains investissements.

Parmi les projets concernés pourraient figurer la requalification du centre sportif de l’Aube et des travaux énergétiques à l’UTT. Ces arbitrages seront débattus lors d’un séminaire prévu en novembre.

On avait fait un plan pluriannuel d'investissement qui allait jusqu'en 2030, mais il va falloir faire des choix. Alors peut-être pas forcément supprimer des investissements, mais les repousser un petit peu dans le temps de façon à pouvoir faire face et répondre aussi à une exigence de la Chambre régionale des comptes qui nous demande de réduire notre investissement.

Philippe Dallemagne, Président du Conseil départemental – Département de l'Aube

Un recentrage assumé sur les compétences obligatoires

Au-delà de la gestion de l’urgence budgétaire, Philippe Dallemagne a esquissé une ligne directrice plus large. Il a rappelé que ses deux prédécesseurs avaient marqué leurs mandats par de grands chantiers — l’un dans l’enseignement supérieur, l’autre dans le sport. Lui entend désormais recentrer l’action du Département sur ses compétences obligatoires, quitte à mettre entre parenthèses des projets plus périphériques.

La Chambre régionale des comptes, qui demande une réduction des investissements, appuie cette orientation. Le plan pluriannuel d’investissement initialement prévu jusqu’en 2030 devra être revu en conséquence, sans que des suppressions définitives soient pour l’heure actées.

Le séminaire de novembre sera donc un rendez-vous budgétaire décisif pour le Département de l’Aube. C’est là que les élus devront trancher sur les projets à maintenir, à décaler ou à abandonner, dans un contexte où la pression des dépenses sociales ne montre pas de signe d’essoufflement.

Pour comprendre le cadre général dans lequel s’inscrit cet ajustement : Le point sur le budget du Département : ’’faire mieux avec moins’’

Le point sur le budget du Département : ’’faire mieux avec moins’’