Retour

Accueil > Emissions > Économie > L’Heure Éco, L’Interview > Aubelec poursuit son développement malgré un marché qui se tend

14 min

22 septembre 2026 à 22:00

Aubelec poursuit son développement malgré un marché qui se tend

À travers des interviews grand format, découvrez les hommes et les femmes qui font bouger le département dans le monde économique. Gros plan sur une PME qui diversifie son activité pour rester compétitive dans un marché qui se contracte : Aubelec. Rencontre avec son PDG.

Aubelec est une société coopérative fondée en 1974 à Saint-Julien-les-Villas. Spécialisée dans la pose d’équipements électriques, elle intervient aussi bien en courants forts — la distribution de l’électricité — qu’en courants faibles, c’est-à-dire la vidéosurveillance, l’appel malade ou encore l’anti-intrusion. Ses clients appartiennent principalement au secteur tertiaire et à l’industrie, dans une logique B2B affirmée. L’entreprise compte aujourd’hui 120 salariés, répartis entre son siège aubois, une agence en région parisienne et, depuis peu, une nouvelle implantation aux Riceys.

C’est précisément cette ouverture qui a motivé la venue de Julien Piechowski, PDG d’Aubelec, dans l’émission Heure Éco. L’agence des Riceys n’est pas une création ex nihilo : elle concrétise une présence historique de collaborateurs locaux sur ce territoire. « C’est la résultante aussi d’une histoire », explique-t-il. L’objectif géographique est clair — couvrir les côtes des Bars et la Bourgogne, notamment l’Yonne et la Côte-d’Or, avec une logique de proximité et de réactivité. Quatre personnes y sont déjà en poste, avec l’ambition de doubler les effectifs. L’inauguration officielle, prévue fin septembre, se tiendra en comité restreint, réservée aux élus et partenaires locaux.

Sur le front du recrutement, Aubelec affiche clairement ses besoins : électriciens confirmés, chefs d’équipe, chefs de chantier et conducteurs de travaux. Des profils en tension, dans un secteur où la main-d’œuvre qualifiée se raréfie. Julien Piechowski pointe un « effet ciseaux » : moins de compétences disponibles, et simultanément une contraction du marché, tant du côté de la commande publique que des investisseurs privés. Pour attirer des candidats, Aubelec mise sur son statut coopératif : chaque salarié peut devenir coopérateur et ainsi détenir une part du capital de l’entreprise.

Face à la contraction du marché, la stratégie de diversification passe notamment par la gestion technique des bâtiments, un domaine en plein essor dans le contexte d’optimisation des économies d’énergie. Quant à l’intelligence artificielle, le PDG se montre serein : « Le travail artisanal restera, demeurera quelque chose d’intact malgré l’IA. » L’IA sera mobilisée sur les fonctions support et l’optimisation de certaines tâches administratives, sans toucher au cœur de métier.

Julien Piechowski est arrivé à la présidence d’Aubelec il y a deux ans, après avoir exercé deux ans comme directeur général. Parmi les chantiers qu’il a conduits : l’ouverture du sociétariat à l’ensemble des salariés, l’élargissement du conseil d’administration pour y intégrer les métiers du terrain et les fonctions administratives, et la création d’un comité de direction chargé de porter une politique générale. Pour la suite, l’ambition se résume à « continuer à créer de la valeur », en investissant dans la formation, l’outillage et les conditions de travail des équipes.