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52 min

21 juin 2026 à 17:00

Marc Bloch, une vie pour l'Histoire

Découvrez l’homme qui entrera au Panthéon le 23 juin prochain.

Historien de génie, père de six enfants, résistant à 53 ans… Marc Bloch est tombé sous les balles nazies en juin 1944, après une vie entière consacrée à la vérité et à l’histoire.

Un intellectuel face à l’histoire

Marc Bloch naît à Lyon en 1886, fils de Gustave Bloch, historien réputé et professeur à la Sorbonne. Il suit ses pas, entre à l’École normale supérieure, décroche l’agrégation. Mais derrière ce parcours classique se dessine une ambition singulière : ne pas se contenter d’établir les faits, comprendre les hommes et les sociétés en profondeur.

C’est à Strasbourg, à partir de 1919, qu’il s’impose comme l’une des figures majeures de l’historiographie du XXe siècle. Il y épouse Simone Vidal, y élève ses six enfants, et fonde avec son ami Lucien Fèvre les *Annales d’histoire économique et sociale* en 1929. La revue rompt avec l’histoire des rois et des batailles pour s’ouvrir à la vie quotidienne, aux mentalités, à l’économie — et à des contributeurs venus de la sociologie, de l’ethnologie ou du monde des affaires.

De la plume aux armes

La Seconde Guerre mondiale le rattrape. À 53 ans, il insiste pour reprendre l’uniforme, se définissant lui-même comme « le plus vieux capitaine de France ». Après la débâcle de 1940, réfugié en Creuse avec sa famille, il rédige *L’Étrange Défaite*, analyse lucide des causes de l’effondrement français. Il y interroge la responsabilité des intellectuels, sans s’épargner : « Nous n’avons pas osé être sur la place publique la voix qui crie dans le désert. Puissent nos cadets nous pardonner le sang qui est sur nos mains. »

En 1943, installé à Lyon, il entre dans la Résistance et rejoint le mouvement Franc-Tireur, sous le pseudonyme de Narbonne. Arrêté le 8 mars 1944 par la Gestapo au pont de la Boucle, transféré à la prison de Montluc, il est torturé à plusieurs reprises. Le 16 juin 1944, il est assassiné dans un champ, avec vingt-huit autres résistants, par des agents de la Gestapo. Deux survivants pourront témoigner. Ils ignoraient alors qu’ils venaient d’assister à la mort de Marc Bloch.

Plus de quatre-vingts ans après sa mort, la République lui ouvre les portes du Panthéon. Il avait lui-même formulé sa propre épitaphe : « *Dilexit veritatem* » — « Il a chéri la vérité. »

Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.