Troisième jour, même détermination. Ce mardi, des lycéens de l’Aube se sont de nouveau rassemblés devant plusieurs établissements, à Troyes, Bar-sur-Aube et Romilly-sur-Seine. Cet « acte III » de la mobilisation lycéenne s’est déroulé dans un calme relatif, jusqu’en fin de matinée, très loin des tensions qui avaient marqué la semaine précédente.
La situation restait toutefois sous surveillance. En fin de matinée, un regain de tension a été constaté mais « sans incident majeur » précise une source.
Une matinée jusque là sans débordement, un message maintenu
Devant le lycée Marie-de-Champagne à Troyes, le rassemblement a réuni lycéens, parents d’élèves, syndicats et enseignants venus apporter leur soutien. L’absence de violences était revendiquée comme un choix délibéré par les manifestants eux-mêmes.
Vous pouvez le voir autour de vous, aucun casseur. La seule action, c'est rester devant le lycée, bloquer les élèves. Mais on n'est pas là pour casser, on n'est pas là pour brûler. »
Des parents en soutien pour encadrer le mouvement
Aux côtés des lycéens, des parents d’élèves avaient fait le déplacement. Parmi eux, des membres de la PEP Troyes et Agglomération, présents non pas pour appeler à manifester, mais pour encadrer le rassemblement et rassurer les familles après les violences des jours précédents.
Nous, on est là surtout en tant que parents, afin de rassurer les familles et de sécuriser le mouvement. C'est une manière aussi de soutenir l'engagement des lycéens sur des revendications qui sont communes avec les nôtres depuis des années. Pour que les revendications des lycéens ne soient pas éclipsées par les violences.
Des revendications concrètes, du local au national
Derrière les pancartes, les griefs sont précis. Manque de professeurs, absence de remplaçants, bâtiments vieillissants, inquiétudes sur l’orientation et l’avenir professionnel : les lycéens dressent un tableau sombre de leurs conditions d’études. À Marie-de-Champagne, les élèves citent le cas de l’internat, privé de chauffage et d’eau chaude à plusieurs reprises l’hiver dernier, contraignant les élèves à rentrer chez eux.
Cinq lycées en distanciel, des discussions engagées
Ce mardi, Marie-de-Champagne est restée ouverte. En revanche, les lycées Les Lombards, Chrestien-de-Troyes, Camille-Claudel, Gabriel-Voisin à Troyes et Édouard-Herriot à Sainte-Savine ont basculé leurs cours en distanciel, au moins jusqu’en fin de journée. Des rencontres ont été planifiées avec les proviseurs et la préfecture pour permettre aux lycéens de porter directement leurs revendications. Mais après un premier entretien avec le proviseur de Marie-de-Champagne, Sacha estimait que les refus l’avaient emporté sur les avancées, justifiant selon lui la poursuite du mouvement.
lycées aubois en distanciel ce mardi
Le 17 octobre en ligne de mire
Si aucune avancée notable ne se dégage des discussions, le mouvement pourrait franchir les grilles des lycées. Les élèves mobilisés ont d’ores et déjà annoncé leur intention de rejoindre la mobilisation nationale et interprofessionnelle prévue le 17 octobre. Une perspective qui donne au mouvement une dimension nouvelle, au-delà des seules revendications scolaires locales.