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L’activité des entreprises auboises au plus bas depuis 18 ans

Sylvain Convers, président de la CCI Troyes et Aube, assis devant un roll-up bleu de la CCI, lunettes rondes, veste grise

La Chambre de commerce et d’industrie de Troyes et de l’Aube a publié les résultats de son enquête conjoncturelle pour le premier trimestre 2026. Le niveau d’activité des entreprises auboises atteint son point le plus bas depuis 2008, avec des marges en recul, des trésoreries fragilisées et des défaillances en hausse.

Un niveau d’activité à 10,7 sur 20. C’est le chiffre qui résume, à lui seul, la situation des entreprises auboises au premier trimestre 2026 : il n’avait pas été aussi bas depuis dix-huit ans, soit depuis la crise financière de 2008. L’enquête conjoncturelle menée par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Troyes et de l’Aube dresse un tableau préoccupant, et les prévisions pour le semestre en cours ne laissent guère de place à l’optimisme.

Un plancher historique qui rappelle 2008

Les indicateurs cumulés brossent un portrait difficile : baisse de la trésorerie, dégradation des marges, manque de visibilité sur l’avenir. Le taux d’emploi au sein des entreprises encore en activité reste stable, mais certaines peinent à recruter. Quant à l’investissement, il est quasi inexistant.

Aussi mauvaise que 2008, donc on est vraiment au bas du bas, c'est vraiment très très pessimiste sur l'activité passée, et avec une prévision de 9,1 sur 20 sur le semestre à venir, celui dans lequel nous sommes actuellement.

Sylvain Convers Président – CCI de Troyes et de l'Aube
10

niveau d’activité sur 20 au 1er trimestre 2026, plus bas depuis 18 ans

9

prévision d’activité sur 20 pour le semestre en cours

75

% des entreprises ne pouvant pas répercuter la hausse de leurs coûts de production sur leurs clients

2

tiers des entreprises n’ayant pas investi au 1er semestre et n’envisageant pas de le faire au 2e

Des marges sous pression, l'investissement en berne

Parmi les signaux les plus inquiétants, la question des prix de revient. Trois quarts des entreprises auboises ont subi une hausse de leurs coûts de production — matières premières, services, énergie — mais ne peuvent en répercuter qu’une partie infime sur leurs clients. Un phénomène en cascade qui érode les marges et fragilise les équilibres financiers.

L’investissement, lui, est quasiment à l’arrêt. Deux tiers des entreprises n’ont pas investi sur le premier semestre et n’envisagent pas de le faire sur le second. Or, quand une entreprise n’investit plus, elle cesse de faire travailler ses fournisseurs et sous-traitants : l’effet de chaîne est immédiat.

Le plus impacté sur ce semestre, on a l'hôtellerie, on a la restauration, on a l'habillement, qui sont des secteurs qui ont vraiment subi des baisses d'activités importantes.

Virginie Vellut Membre – Conseil national de l'Ordre des experts-comptables

Hôtellerie, restauration, habillement : les secteurs les plus touchés

L’hôtellerie, la restauration et l’habillement concentrent les plus fortes baisses d’activité. Ces filières, déjà fragilisées par plusieurs années de crises successives, subissent de plein fouet la contraction du pouvoir d’achat des ménages et l’attentisme des consommateurs.

Pour l’Ordre des experts-comptables, deux facteurs aggravants s’ajoutent au tableau : l’instabilité géopolitique internationale et l’incertitude fiscale en France. Ensemble, ils réduisent la visibilité des chefs d’entreprise et compliquent leurs décisions d’embauche ou d’investissement. Du côté des banques, l’accompagnement se concentre désormais principalement sur les reprises d’entreprise.

Transport et construction résistent

Le tableau n’est pas uniformément sombre. Le secteur du transport et celui de la construction ont mieux traversé ce premier semestre, affichant une stabilisation de leur activité, voire un léger redressement par rapport à la même période l’an dernier. Des îlots de résistance dans une conjoncture qui reste, dans l’ensemble, la plus dégradée depuis près de deux décennies. Sur un an, le nombre de défaillances d’entreprises dans l’Aube continue d’augmenter.

Sur le même sujet, le tribunal de commerce de Troyes fait de la prévention des défaillances sa priorité : Tribunal de commerce : priorité à la prévention pour limiter les défaillances

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