Trente œuvres en deux mois. C’est le bilan de la résidence de François Chaillou à l’association du Tournefou, à Pâlis où l’artiste-sculpteur s’est installé fin août. Ses sculptures en argile sont désormais visibles au musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine, du 18 octobre jusqu’au 15 novembre.
L'argile à mains nues, une discipline venue d'Italie
François Chaillou façonne ses œuvres sans outil intermédiaire, à mains nues. Une pratique apprise lors de ses études en Italie, qu’il décrit comme une forme de liberté dans le geste. Il travaille avec de l’argile chamottée — une argile renforcée par des grains de terre cuite — mais aussi avec de l’argile noire, dite terre à faïence, plus délicate et plus plastique.
C'est vraiment prendre l'argile et mettre à profit toutes les pratiques antérieures pour se libérer dans le geste, pour chercher quelque chose de plus expressif. Les mains, c'est l'outil le plus formidable. Et finalement l'argile qui est très malléable permet de travailler vraiment à mains nues.
Durant sa résidence, l’artiste a également utilisé de la terre ramassée directement autour des murs de l’association. Ce mélange de matériaux et de techniques a nourri son travail, entre références à des sculptures monumentales et réflexions plus personnelles.
Un thème ancré dans l'histoire de la sculpture
L’exposition s’intitule « Les sculptures naissent aussi ». Elle ambitionne de retracer l’histoire de la discipline depuis ses origines — les textes de Gilgamesh, quelque 3 000 ans avant Jésus-Christ — jusqu’à la création contemporaine. Un fil conducteur que François Chaillou assume pleinement : reproduire un geste très ancien, dépouillé, chargé de sens.
Plus d'une centaine de dossiers pour une résidence
Pour l’association du Tournefou, les résidences d’artistes constituent un levier de développement humain et créatif. Cette année, plus d’une centaine de candidatures ont été reçues pour participer au programme. La sélection de François Chaillou s’est imposée pour la cohérence de son projet, entre ancrage historique et sensibilité contemporaine.
L'œuvre de François était particulièrement inspirante parce qu'on avait un retour aux origines de la sculpture. On a trouvé aussi qu'il y avait un côté très contemporain dans son travail qui était assez fort, et autant des liens avec les œuvres du XIXe siècle.
L’exposition « Les sculptures naissent aussi » est accessible au musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine jusqu’au 15 novembre.