La moitié des 8 500 habitants du bassin de Vendeuvre-Soulaines n’a pas de médecin traitant. C’est dans ce contexte que le Médicobus, centre de santé itinérant porté par le département de l’Aube, a inauguré ce jeudi un nouveau site à la maison de santé locale. Un an après son lancement, le dispositif a considérablement grandi.
De deux à six MÉDECINS en douze mois
Le Médicobus avait démarré le 1er octobre 2025 avec deux médecins généralistes sur deux territoires. Aujourd’hui, l’équipe compte six praticiens répartis sur huit bassins de l’Aube. Parmi eux, des médecins retraités recrutés par le département, épaulés par une secrétaire, une coordinatrice et une infirmière chargée notamment des actions de prévention et des bilans de santé.
On a démarré le 1er octobre 2025 avec deux médecins généralistes sur deux territoires. Aujourd'hui, on est à 6 médecins généralistes et 8 territoires. Pour vous dire qu'en un an, c'est une progression fulgurante.
Aubois ayant choisi le centre de santé comme médecin traitant
patients sans médecin traitant dans l’Aube
consultations réalisées en un an
médecins généralistes pour 10 000 habitants dans l’Aube (sous la moyenne nationale)
Des patients qui n'avaient pas consulté depuis des années
En un an, près de 1 000 consultations ont été réalisées, auprès de patients âgés de 1 à 97 ans, avec une moyenne d’âge de 61 ans. Le profil type : des personnes atteintes de pathologies multiples, qui n’avaient pas vu de médecin depuis parfois quinze ans. Certains avaient recours à la téléconsultation, avec ses limites.
« La téléconsultation, on ne tombe jamais sur le même médecin. » déclare Mauricette qui n’a plus de médecin traitant depuis deux ans. « Il faut reprendre tout à zéro, tous les antécédents, toutes les choses comme ça, faire des bilans. L’hypertension, on peut rester avec 16-17 de tension pendant des années. Et on découvre ça après, au moment de l’insuffisance cardiaque. », précise Jérome Faillette, médecin généraliste en retraite qui participe au service Médicobus.
Un tremplin vers l'installation durable de médecins
Le docteur Jérôme Jaillette, retraité depuis deux ans, est l’un de ces praticiens recrutés par le département. Il exerçait habituellement à Troyes et consacre désormais chaque jeudi à Vendeuvre-sur-Barse. Son engagement illustre le modèle du Médicobus : s’appuyer sur des médecins retraités, volontaires pour maintenir une offre de soins dans les zones sous-dotées.
Mais l’ambition dépasse le court terme. Le dispositif est aussi pensé comme un levier pour attirer de nouveaux praticiens. Si un médecin souhaitait s’installer, le département s’engage à lui céder en priorité une patientèle. Un argument concret dans des territoires où convaincre un jeune médecin de s’établir reste difficile.
La bonne nouvelle, c'est qu'on a des médecins qui se sont présentés à nous qui vont venir renforcer l'équipe. Et puis surprise pour les territoires, on est en discussion très très sérieuse avec les territoires.
Une ressource pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer
Au-delà des consultations, le Médicobus joue un rôle d’observation du terrain. L’équipe identifie les freins à l’accès aux soins — mobilité, isolement, méfiance — et cherche à y répondre. Les personnes âgées, en particulier, sont une cible prioritaire, même si certaines restent encore sceptiques face au dispositif. Avec 336 Aubois inscrits comme patients du centre de santé sur huit bassins, le chemin est encore long face aux 30 000 habitants de l’Aube sans médecin traitant. Mais la dynamique, elle, est enclenchée.
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