Il y a une poignée de festivals qui changent une vie. Pour Yves Jamait, les Nuits de Champagne sont de ceux-là. Le chanteur était de retour à Troyes ce jeudi 22 octobre pour se produire à l’Art Déco de Sainte-Savine, dans un format intimiste de 400 places. Un retour qui n’a rien d’anodin : c’est ici, aux Nuits de Champagne, que tout a commencé.
2001, le stage qui a tout changé
Yves Jamait se souvient avec précision de sa première venue, en 2000. Francis Cabrel était alors en tête d’affiche et avait emmené avec lui l’équipe d’Astaffort pour un stage d’une semaine. Le jeune chanteur s’y était inscrit. « De ce stage, tout a commencé », confie-t-il. Il y rencontre l’équipe de Cabrel, qui lui propose d’enregistrer son premier album. Il y croise aussi Jean-Michel Boris, qui le suivra tout au long de sa carrière. C’est Pierre-Marie Boccard qui l’avait fait venir, grâce à une connaissance commune, Jérémy Piquet.
Je dois énormément à ce festival. Donc je suis tout le temps ravi, à chaque fois que je peux venir, c'est cool.
850 choristes et une signature unique
Interrogé sur ce qui fait la singularité du festival, Yves Jamait cite d’emblée le Grand Choral. Chaque année, 850 choristes venus de toute la France — et parfois du Québec, de Belgique ou de Suisse — se réunissent pour chanter ensemble. « À l’heure qu’il est, faire les choses en commun, c’est cool quand même », observe-t-il. Il garde un souvenir ému d’une édition passée, où il avait chanté des chansons de Brel aux côtés de Clarika et Pierre Lapointe, avant d’entendre le Grand Choral interpréter l’un de ses propres titres, « Dimanche ». « Waouh », lâche-t-il simplement.
L’autre rencontre fondatrice évoquée par l’artiste est celle avec Maxime Le Forestier, nouée au catering du festival. C’est précisément cette relation qu’il raconte ce soir dans son spectacle, intitulé « Maxime et moi ».
choristes réunis chaque année pour le Grand Choral
places pour le concert de Yves Jamait à l’Art Déco de Sainte-Savine
« Maxime et moi » : susurrer à l'oreille de 400 personnes
Le spectacle présenté ce soir à l’Art Déco de Sainte-Savine retrace le parcours d’Yves Jamait entre son premier album et l’album « En balançant ». Un récit construit autour de l’influence de Maxime Le Forestier sur sa trajectoire artistique. La salle, plus intimiste que les grandes scènes de festival, lui convient parfaitement. « J’ai envie plus de la susurrer à l’oreille que de la hurler devant 20 000 personnes », explique-t-il à propos de cette histoire.
Quatre cents places, certes, mais une configuration qui correspond à la nature du spectacle : une narration, des chansons, une intimité revendiquée.
Gauvain Sers, une autre histoire née ici
Les Nuits de Champagne, terrain de rencontres autant que de concerts. Yves Jamait évoque aussi Gauvain Sers, dont il avait accepté la première partie il y a plusieurs années. Le chanteur, parrain de cette édition 2026, est depuis devenu un ami. « Je suis vachement content du parcours qu’a fait Gauvain, qui est mérité », dit Jamait. Les deux artistes partagent aujourd’hui des engagements communs, notamment une chanson collective sur la Palestine à laquelle Sers a participé.
Pour Yves Jamait, le festival tient sa valeur précisément dans cette capacité à créer des « accidents » heureux. Des rencontres entre artistes émergents et professionnels établis, des afters au Théâtre de Champagne, des showcases improvisés. Un format de festival sur plusieurs jours qui laisse le temps à quelque chose de se nouer. Ce soir, après son concert, il prévoit de « traîner un petit peu » pour retrouver ce qu’il appelle la convivialité propre aux Nuits de Champagne.
Pour tout savoir sur la programmation complète du festival cette année : Le festival des Nuits de Champagne dévoile sa programmation 2026
