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Salaires, effectifs, conditions de travail… les revendications des agents publics

Ce mardi 28 septembre, près de 450 agents de la fonction publique ont manifesté devant la préfecture de Troyes, à l’appel de huit syndicats. Gel du point d’indice, manque de personnel, conditions de travail dégradées : les revendications ont résonné dans tout le centre-ville par la suite lors d’un cortège.

Près de 450 agents publics ont battu le pavé à Troyes ce mardi 28 septembre. Réunis devant la préfecture de l’Aube à l’appel d’une intersyndicale regroupant huit syndicats, ils ont ensuite formé un cortège à travers le centre-ville. Objectif affiché : se faire entendre avant l’adoption du budget par le gouvernement.

Soignants, enseignants, surveillants de collège, aides aux élèves handicapés : des agents publics de secteurs très différents ont marché côte à côte. Tous partagent les mêmes griefs — gel des salaires, manque de personnel, conditions de travail qui se dégradent.

450

manifestants devant la préfecture de Troyes

8

syndicats réunis dans l’intersyndicale

Dans les hôpitaux, la surcharge au quotidien

Anaïs et Justine, toutes deux aides-soignantes, ont fait le déplacement de Romilly-sur-Seine et Nogent-sur-Seine pour témoigner de leur réalité. Elles dénoncent notamment le manque de personnel. Les équipes épuisées multiplient les arrêts maladie et les accidents de travail, laissant la place à des soignants intérimaires qui ne connaissent pas les services.

« On se retrouve à devoir effectuer notre travail, mais aussi à expliquer aux soignants intérimaires qui vont d’hôpitaux en hôpitaux », résume l’une d’elles. Une double charge qui pèse sur ceux qui restent, dans des conditions d’encadrement qu’elles décrivent comme « extrêmement dures ».

Que l'ARS entende notre besoin. Et quand on verra du personnel arriver et qu'on ne se sentira plus uniquement un numéro sur un planning, je pense que là, il y aura déjà une partie du job de fait.

Anaïs aide-soignante gréviste

Dans les collèges, des classes surchargées et des postes vacants

Pauline, professeure dans un collège, dresse un constat similaire du côté de l’éducation nationale. Dans son établissement, des classes ont été fermées faute d’effectifs suffisants, tandis que d’autres accueillent désormais 30 élèves. Les AESH, qui accompagnent les élèves en situation de handicap, sont insuffisants. Les assistants d’éducation, eux, ne sont pas remplacés quand ils sont absents.

« Lorsqu’on a plus d’élèves et moins de professeurs pour les encadrer, moins d’AESH pour les élèves en situation de handicap, notre travail ne peut pas se faire correctement », dit-elle. Elle pointe aussi le budget de la défense, en hausse, qu’elle oppose aux restrictions dans les services publics.

« Si on veut que, par exemple, il y ait plus de professeurs ou plus de personnes qui s’engagent dans la fonction publique, il faut que les salaires augmentent. Je pense, par exemple, aux AESH aussi, ils sont payés 600 euros pour faire leur travail. » 

Le point d'indice, nerf de la guerre

Une revendication commune structure le mouvement : le dégel du point d’indice. Ce mécanisme détermine l’ensemble des grilles salariales de la fonction publique. Gelé depuis plusieurs années selon les manifestants, il tire vers le bas des rémunérations déjà jugées insuffisantes pour attirer de nouveaux agents.

Pour Pauline, salaires, effectifs et conditions de travail forment un tout indissociable. Augmenter les rémunérations, c’est aussi la condition pour que des candidats choisissent la fonction publique plutôt que le privé. La mobilisation, elle en est convaincue, devra se poursuivre : « C’est en luttant et en imposant par le bas que ça peut changer. »

La journée du 28 septembre s’inscrit dans un agenda social chargé à l’approche des débats budgétaires à l’Assemblée nationale. D’autres mobilisations pourraient suivre dans les prochaines semaines si les annonces gouvernementales ne répondent pas aux attentes des syndicats.