Retour

Accueil > Actu > Sénatoriales dans l’Aube : deux recours déposés devant le Conseil constitutionnel par Evelyne Perrot et Laurent Marty

Sénatoriales dans l’Aube : deux recours déposés devant le Conseil constitutionnel par Evelyne Perrot et Laurent Marty

Sénatoriales dans l’Aube : deux recours déposés devant le Conseil constitutionnel

Les résultats des élections sénatoriales du 27 septembre dans l’Aube sont désormais contestés devant le Conseil constitutionnel. Évelyne Perrot et Laurent Marty ont engagé deux recours distincts, dénonçant notamment des irrégularités présumées dans le décompte des voix. Tous deux estiment qu’un second tour aurait dû être organisé.

L’élection de Valérie Bazin-Malgras et de Vanina Paoli-Gagin dès le premier tour des sénatoriales dans l’Aube pourrait-elle être remise en cause ? Deux recours ont été déposés devant le Conseil constitutionnel. Le premier par Évelyne Perrot, sénatrice sortante battue, avec Jacky Raguin. Le second par Laurent Marty, arrivé troisième du scrutin avec 328 voix.

UN NOMBRE DE BULLETINS BLANCS QUI INTERROGE

Au cœur des contestations : les résultats officiels du 27 septembre. Sur 1 007 votants, 733 suffrages exprimés, 259 bulletins blancs et 15 nuls ont été comptabilisés. Un niveau de votes blancs particulièrement élevé, représentant 25,72 % des votants, contre moins de 2 % lors des précédentes élections sénatoriales dans l’Aube.

Dans son communiqué, Évelyne Perrot pointe également une incohérence dans les chiffres : avec 733 suffrages exprimés et deux voix possibles par électeur, le total théorique serait de 1 466 voix. Or, les huit candidats en ont recueilli 1 738.

La sénatrice sortante évoque aussi des enveloppes ne contenant qu’un seul bulletin, dont l’absence du second aurait, selon les témoignages qu’elle rapporte, été comptabilisée comme un vote blanc.

« Si ce mode de décompte est confirmé, le nombre de suffrages exprimés serait sous-évalué et celui des votes blancs artificiellement gonflé », estime-t-elle.

Selon Évelyne Perrot, un avocat spécialisé consulté dans cette affaire considère qu’aucun candidat n’aurait dû être élu dès le premier tour. Elle demande donc au Conseil constitutionnel de se prononcer sur la régularité du scrutin.

les candidats DÉNONCEnt UNE ERREUR DE DÉCOMPTE

Laurent Marty partage cette analyse. Initialement, son recours devait principalement porter sur une inégalité d’accès aux adresses électroniques personnelles des grands électeurs pendant la campagne.

Mais le candidat estime désormais que le problème principal concerne le décompte des suffrages et l’application du Code électoral.

« Si ces règles avaient été appliquées correctement, le seuil pour obtenir la majorité permettant d’être élu au premier tour aurait été bien plus élevé et un second tour aurait donc bien eu lieu », affirme-t-il.

Selon lui, les six candidats non élus ont ainsi été privés de la possibilité de participer à un second tour.

Laurent marty de nouveau candidat ?

Les deux démarches visent à faire examiner la régularité de l’élection par le Conseil constitutionnel. À ce stade, les irrégularités dénoncées restent des affirmations des requérants et n’ont pas été établies par le juge.

Laurent Marty précise toutefois que, si le scrutin était annulé en raison d’une mauvaise interprétation du Code électoral, il serait à nouveau candidat. Il avait initialement annoncé qu’il ne se représenterait pas en cas d’annulation liée aux seuls problèmes des adresses électroniques et d’un article jugé diffamatoire dans le quotidien local (revoir notre interview ).

De son côté, Évelyne Perrot insiste sur une démarche qu’elle présente comme désintéressée et assure qu’elle acceptera la décision du Conseil constitutionnel.

Infographie des résultats sénatoriales Aube avec portraits et pourcentages des huit candidats
Les résultats du premier tour sont contestés par deux candidats.

En attendant, Valérie Bazin-Malgras, élue avec 408 voix, et Vanina Paoli-Gagin, reconduite avec 372 voix, restent les deux sénatrices élues de l’Aube. Le Conseil constitutionnel devra déterminer si les conditions du scrutin justifient ou non son annulation. La procédure pourrait s’étaler de longs mois.