Un symbole fort pour un chantier qui n’en finissait plus d’attendre. La pose d’un premier poteau caténaire sur le tronçon Nogent-sur-Seine–Troyes a officiellement marqué, en présence du PDG de la SNCF Jean Castex, l’entrée dans la dernière ligne droite de l’électrification de la ligne Paris-Troyes. Objectif : une mise en service à la rentrée 2028.
Des décennies de combat politique
Le projet ne date pas d’hier. Évoquée dès la fin des années 1960, l’électrification de l’axe Paris-Troyes a traversé gouvernements et majorités sans jamais aboutir. François Baroin, maire de Troyes, a retracé lors de la cérémonie les hauts et les bas d’une bataille qu’il mène depuis ses débuts d’élu.
J'ai été aux avant-postes comme maire de Troyes, évidemment, et président d'une agglomération qui était la seule agglomération du grand bassin parisien à ne pas être électrifiée. C'est une forme d'injustice. Il y a eu des crêtes, il y a eu des creux, il y a eu beaucoup de combats.
Parmi les étapes décisives citées par l’élu : la venue du président Nicolas Sarkozy en 2011, qui avait fléché les crédits nécessaires. Puis les hésitations d’un comité d’orientation des infrastructures qui envisageait, un temps, d’arrêter l’électrification à Nogent-sur-Seine, sans aller jusqu’à Troyes. Une menace finalement écartée.
119 kilomètres, 2 300 poteaux à installer
Cette deuxième phase de travaux couvre un tronçon de 119 kilomètres. Les équipes interviennent seize heures par jour, de nuit et en début de matinée, pour rehausser 30 ouvrages d’art et poser les poteaux caténaires qui soutiendront les fils d’alimentation électrique. À partir de cet été, 700 des 2 300 poteaux prévus seront installés avant fin août.
millions d’euros, coût total du chantier
kilomètres concernés par la phase 2
poteaux caténaires à installer
poteaux posés d’ici fin août
collectivités locales cofinanceurs, aux côtés de l’État
Les caténaires retenues sont conçues pour résister à des températures comprises entre -20 et +50 degrés Celsius, une plage de 70 degrés qui les rend compatibles avec les évolutions climatiques attendues. Jean Castex a qualifié ce chantier d’« un des plus importants de France », saluant le travail des élus locaux qui ont porté le dossier.
C'est un chantier qui arrive dans sa phase finale, objectif août 2028. Il y a encore quelques étapes à franchir, mais là, c'est absolument irrémédiable. L'électrification de Paris-Troyes, un grand combat des élus de ce territoire que je veux saluer parce qu'ils ont eu raison de le mener.
Un enjeu de développement pour l'ouest aubois
Au-delà du symbole ferroviaire, les élus voient dans cette électrification un levier de développement territorial. La perspective de deux réacteurs EPR à Nogent-sur-Seine, susceptibles d’attirer de nouveaux habitants et de nouvelles activités, renforce l’urgence d’une desserte performante.
François Baroin a plaidé pour un train direct Paris-Troyes en complément des liaisons existantes. « Ça nous permettra aussi en termes de marketing territorial d’offrir la ville de Troyes à une heure de Paris », a-t-il déclaré, citant le pouvoir d’achat de la zone d’influence parisienne comme un atout pour la prospérité locale.
Les voies seront à nouveau coupées durant les étés 2026 et 2027 pour poursuivre les travaux, avant une livraison définitive à la rentrée 2028. Les Aubois, les Nogentais et les Romillons attendront encore deux ans, mais cette fois, la date semble gravée dans le béton des poteaux.
Sur les perturbations liées au chantier cet été : Travaux sur la Ligne 4 : quel impact sur les trajets cet été ?
