La file d’attente s’est formée dès le samedi matin. Le 20 juin 2026, la boulangerie de la Moline a rouvert ses portes à Saint-Julien-les-Villas, après neuf mois de fermeture. Derrière le comptoir, deux nouveaux visages : Anthony Choplin et Elodie Brot, co-gérants, qui ont repris l’établissement quelques semaines après sa cessation d’activité.
Le lieu n’est pas ordinaire. La propriétaire des murs fut la première gérante de cette boulangerie, arrivée en 1933. Soit 93 ans d’activité avant la fermeture de septembre dernier. Pour les riverains, la réouverture tient presque de l’évidence.
Un modèle mutualisé pour contrer l'érosion de l'artisanat
La réouverture de la Moline n’est pas un acte isolé. Anthony Choplin et Elodie Brot ont déjà repris une boulangerie à Clérey et envisagent d’en ouvrir une autre à Vendœuvre-sur-Barse lors du premier week-end de juillet. Leur idée : constituer un réseau de boulangeries artisanales, chacune conservant son autonomie, mais achetant les matières premières en commun pour réduire les coûts.
Le contexte national donne du relief à cette démarche. Si les chiffres varient selon les sources, le nombre de boulangeries artisanales en France diminue, une érosion liée principalement à des défaillances économiques. C’est précisément ce modèle fragile que les deux cogérants entendent contourner.
Les boulangers sont autonomes, après on achète différemment, on achète en plus grosse quantité, donc les prix sont forcément moins chers. C'est un modèle économique dans lequel on veut aller, on ne se prétend pas du tout être sauveur, loin de là.
De l’ hypermarché à l'artisanat
Ni l’un ni l’autre ne vient du monde de la farine par hasard. Anthony Choplin a dirigé un hypermarché ; sa compagne et co-associée a exercé dans le domaine commercial. Tous deux ont ensuite suivi des formations initiales soit en boulangerie soit en pâtisserie avant de se lancer. Cette double culture — artisanat et gestion — est au cœur de leur stratégie.
L’offre varie selon les sites. À Saint-Julien-les-Villas, le flan est proposé en format individuel, rond, prêt à manger sur le pouce. À Clérey, il est vendu à la part. L’objectif affiché : coller aux habitudes de chaque clientèle, en intégrant une offre snacking pensée pour les consommateurs pressés.
Traiteur et livraison : la prochaine étape
Au-delà du pain et de la viennoiserie, les cogérants travaillent au développement d’une offre traiteur : salades, formules sandwich, et bientôt de vrais plats cuisinés préparés avec un cuisinier. L’ambition : proposer une alternative locale, plus saine et plus qualitative selon eux.
Aujourd'hui je pense que les gens ont pris l'habitude de commander sur des applications qu'on connaît tous. On peut apporter le même service mais de façon un peu plus saine et un peu plus qualitative. Pourquoi pas se lancer ?
emplois créés grâce aux réouvertures de Clérey et Saint-Julien-les-Villas
ans d’activité de la boulangerie avant sa fermeture en septembre 2025
Travaux cet été, offre complète en septembre
La réouverture du 20 juin marque une première étape. Deux mois de travaux sont prévus pendant l’été pour rénover et rééquiper l’atelier de production. L’ensemble de l’offre — boulangerie, snacking et traiteur — sera disponible en septembre 2026.