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Mesnil-Sellières : une pétition contre la démolition de la grange de la ferme Martin

Mesnil-Sellières : une pétition contre la démolition de la grange de la ferme Martin

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Depuis quelques jours, la grange de la ferme Martin, au cœur du village, est entourée de grilles et une pelleteuse a commencé à dégager le terrain. La menace de démolition imminente a provoqué une vague d’indignation parmi certains habitants. Une pétition intitulée « Non à la démolition de la grange de la ferme Martin » circule depuis le 13 août et a déjà recueilli près de 170 signatures.

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Un patrimoine rural en péril

Située à proximité de la mairie et de la salle des fêtes, la ferme Martin et sa grange sont représentatives du bâti traditionnel champenois : pan de bois, torchis, charpente en chêne et en châtaignier. Pour Valérie Trémoulet, habitante de Mesnil-Sellières et restauratrice d’œuvres peintes, à l’origine de la pétition, « c’est un patrimoine vernaculaire, modeste mais identitaire, qui disparaît peu à peu. Chaque village avait ses granges, mais on en détruit énormément. Une fois perdu, on se rend compte trop tard qu’on a effacé une part de notre histoire. J’ai demandé à ce que la pétition soit vue par Stéphane Bern. »

La ferme, laissée à l’abandon par ses propriétaires pendant des années, est aujourd’hui dans un état avancé de dégradation. Transmise en 2022 à la génération suivante, elle a été proposée à la commune pour un éventuel rachat, mais le montant a été jugé exorbitant. Faute d’accord, l’actuel propriétaire a annoncé son intention de démolir, suscitant la déception de Valérie Trémoulet et du conseil municipal.

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L’impuissance d’une petite commune

Interrogé, le maire Olivier Jacquinet dit comprendre l’émotion mais souligne l’impasse financière :
« Nous avions proposé environ 400 000 euros, mais le propriétaire en demandait 620 000. S’ajoute le coût de la réhabilitation : les études menées évoquent entre 2 et 3 millions d’euros de travaux. Pour une commune qui dispose de 30 000 euros pour sa capacité d’autofinancement brute (équivalent à son bénéfice annuel), c’est tout simplement impossible, même avec des subventions. »

Le maire rappelle également qu’aucune obligation de permis de démolir n’existe dans la commune : « Juridiquement, nous ne pouvons pas nous opposer à cette démolition. C’est une grande déception, mais nous devons nous rendre à l’évidence. »

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Un compromis trouvé : sauver la longère

Si la grange semble condamnée (risque d’effondrement), la municipalité a obtenu un répit pour la longère attenante, bâtiment plus sain et typique de l’architecture locale. « J’ai demandé au propriétaire de ne pas y toucher avant l’été prochain. Elle pourrait avoir un avenir : café, petit service ou lieu de rencontre. C’est une manière de préserver au moins une partie de ce patrimoine », explique le maire.

En parallèle, la commune prépare une révision de son Plan local d’urbanisme (PLU) pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise. « Nous allons intégrer des dispositions spécifiques pour protéger les corps de ferme. C’est une leçon : ce que nous vivons aujourd’hui ne doit pas se répéter demain. »

Une pétition comme signal d’alerte

Pour Valérie Trémoulet, la pétition n’a pas seulement vocation à sauver la ferme Martin : « C’est une sensibilisation. On perd notre identité villageoise, nos bâtiments anciens s’effacent au profit de constructions uniformes. Le patrimoine, ce n’est pas seulement les cathédrales ou les châteaux, c’est aussi ce petit bâti rural. On perd notre identité locale. » Le maire conclut: « Je trouve qu’elle a mille fois raison de se battre sur ce sujet-là. » 

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