Le verdict est tombé ce mercredi 22 juillet : le Comité Champagne a fixé les rendements commercialisables des vendanges 2026 à 8 800 kilos par hectare. Un seuil en baisse par rapport aux années précédentes (9 000 kilos par hectare en 2025 et 10 000 en 2024).
kilos par hectare
Cette décision n’a rien de surprenant. Elle suit une dynamique engagée depuis plusieurs années par l’interprofession dans le but de rééquilibrer les niveaux de stocks. De fait, les volumes de vente de bouteilles de champagne sont sur la pente descendante, malgré des expéditions « en légère hausse de 1,2 %,
portée par l’export » selon le comité champagne, fin juin.
un contexte compliqué et des disparités
En parallèle de ce contexte commercial exigeant, l’épisode de gelées intervenu en mars dernier, ruinant les premiers bourgeons apparus après un premier coup de chaud en février, et les vagues intenses et répétées de fortes chaleurs lors des dernières semaines, ont fortement freiné la croissance des raisins. Francis Bour, vigneron dans le Barsuraubois à Spoy, déplore des rendements faibles dans la plupart de ses parcelles :
« Suivant les secteurs, il y a des places où il y aura plus et d’autres où il y aura moins ».
Si la diminution des rendements entend préserver la viabilité économique des exploitations, donnant l’opportunité à ceux qui le peuvent de refaire leur réserve individuelle, il apparaît que les niveaux de celles-ci risquent de rester modestes cette année encore.
Dans la Côte des Bar, le constat est partagé jusqu’aux Riceys. Certains producteurs voient d’un oeil pessimiste leurs raisins souffrir de la chaleur et les premières feuilles jaunir. Quand les rendements limitent à 8 800 kilos par hectare, Francis Bour estime en faire à peine plus de la moitié.
On a 4 000 à 5 000 kg selon les secteurs dans le Barsuraubois, car on a été soumis au gel en mars
La multiplication des conditions météorologiques défavorables pèse réellement sur les rendements viticoles. Le secteur ayant vécu un exercice compliqué en 2024. « On vendra moins de raisin aux maisons pour assurer le tirage 2027 » explique Francis.
L’heure est donc à l’adaptation pour le secteur champagne. La décision du Comité résulte d’un compromis entre les maisons et les petites exploitations. Les premières étant davantage favorables à la baisse de l’appellation dans l’optique de réduire les stocks, afin de s’aligner à la demande sur le marché.