C’est une étape décisive dans la course aux nouveaux réacteurs. Le livre blanc défendant la candidature du site nucléaire de Nogent-sur-Seine à l’accueil de deux EPR2 a été remis au président d’EDF à Paris. Trois années de préparation ont été nécessaires pour consolider ce dossier, qui engage l’avenir du département de l’Aube sur plusieurs décennies.
Un enjeu économique de premier plan pour l'Aube
Les chiffres avancés par les porteurs du projet donnent la mesure de l’enjeu. Près de 50 milliards d’euros d’investissements, plus de 10 000 emplois créés — soit l’équivalent de la population de la deuxième ville du département — et un chantier de dix ans suivi de quarante années d’exploitation commune. François Baroin, maire de Troyes, a résumé l’ambition du territoire lors de la remise du dossier.
Qui sera tout simplement la prospérité du département de l'Aube pour les 40 ans à venir. C'est presque 50 milliards d'investissements, c'est plus de 10 000 emplois, 10 000 emplois c'est presque l'équivalent de la deuxième ville du département à construire. C'est 10 ans de chantier, c'est 10 ans de préparation, donc c'est 40 ans de vie en commun autour de cet enjeu du nucléaire.
milliards d’euros d’investissements potentiels
emplois attendus
ans de chantier prévus
ans d’exploitation envisagés
entreprises sous-traitantes partenaires d’EDF dans la région
Le « serment de Nogent » comme socle de la candidature
Le dossier repose sur une mobilisation collective baptisée « serment de Nogent », engagée depuis 2023. Communes, département, région : tous les échelons territoriaux concernés par le projet ont apporté leur signature. Le livre blanc détaille les engagements pris en matière d’infrastructures, de logement, de formation, mais aussi de protection environnementale, notamment autour des réserves en eau de la Seine.
L’EPTB Seine-Grands-Lacs a contribué techniquement au dossier sur ce dernier point. La disponibilité de 400 millions de mètres cubes d’eau constitue l’un des arguments centraux mis en avant, dans un contexte où le risque de sécheresse est désormais intégré aux critères d’implantation.
D'avoir à disposition 400 millions de mètres cubes d'eau, quand on sait ce qu'effectivement, quand on vient de traverser l'été qu'on a traversé, quand on sait que le risque de sécheresse est un risque à prendre en considération, c'est ce que nous avons fait pour la production d'électricité d'origine nucléaire. Une acceptabilité qui est supérieure, mesurée par enquête d'opinion, sur le site de Nogent que partout ailleurs, un territoire qui est mobilisé, qui aime l'énergie nucléaire parce qu'il la vit au quotidien depuis près de 40 ans maintenant.
Un « pack » territorial face à EDF
Franck Leroy, président de la région Grand Est, a insisté sur la dimension collective de la démarche. Le Grand Est compte plus de 120 entreprises sous-traitantes partenaires d’EDF, un tissu industriel présenté comme une garantie supplémentaire de la viabilité du projet. « Ce pack, il est réel, il est fort et je pense qu’il est convaincant », a-t-il déclaré.
François Baroin a indiqué avoir senti le président d’EDF « positif » à l’issue d’une heure d’échanges. Il espère que Nogent-sur-Seine figurera parmi les deux premiers sites retenus dans la présélection transmise au chef de l’État.
La décision attendue d'ici la fin de l'année
EDF doit désormais soumettre au président de la République une présélection des sites candidats. La décision finale est attendue avant la fin de l’année. Si Nogent-sur-Seine est retenu, le projet entrerait dans une phase concrète de réalisation, après dix ans de préparation et de mobilisation du territoire aubois.