Il est 18h30 au stade Gaston-Arbouin. Pendant que les Diables Rouges démarrent leur échauffement, Christophe Caccia, lui, a déjà terminé sa mi-temps. Responsable de l’intendance et de la restauration au Suma Motoball, il a passé tout l’après-midi à préchauffer saucisses et merguez, couper le pain, remplir les tireuses à bière. « On mange toujours à 18h30 avant que tout le monde arrive. Après, c’est fini, avant 23h, on n’a pas trop le temps », résume-t-il.
Ce samedi soir, les Diables Rouges affrontent Robion pour le compte de la 12e journée de championnat. Sur le terrain, ils s’imposeront 8 buts à 1. Mais derrière les cages, sur la butte ou dans la nouvelle tribune, c’est une autre compétition qui se joue : celle des buvettes.
De la butte légendaire à la tribune neuve
« Il y a quinze ans, quand je suis arrivé il n’y avait qu’une seule buvette, se rappelle Yvan George le président du Suma. La grande, perchée sur la butte derrière les cages. La buvette légendaire, la plus vieille du club », dit-il. Avec la montée en puissance du club et l’afflux de supporters, une deuxième a été ouverte à l’opposé, dans des algécos mis à disposition par la Ville de Troyes. Puis une troisième est venue s’installer dans la nouvelle tribune, « équipée avec les normes d’aujourd’hui », avec un espace restauration de 40 mètres carrés.
Christophe Caccia supervise désormais ces trois points de vente. Une organisation rodée, mais qui exige une mobilisation dès l’après-midi. « Quand on est aux frites ou à la planche chaude, aux tireuses à bière, on n’a plus le temps », confie-t-il.
Ça reste aussi un moment convivial autour du match et c'est surtout aussi un poumon financier pour nous. On n'est pas loin d'un tiers sur notre bilan à la fin de saison.
kg de saucisses et merguez préparés par match
baguettes consommées chaque soir de match
bénévoles mobilisés en cuisine sur les 110 du club
supporters que peut accueillir le stade Gaston-Arbouin
L'odeur de la friture et de l'essence : une signature
L’odeur de l’essence des motos mêlée à celle de la friture est devenue, pour beaucoup, le signal d’une soirée réussie. Les supporters abonnés ne manquent presque aucun match à domicile. Saucisse-frites, américain, champagne ou « une petite mousse » : chacun a son rituel. « Saucisse frites, c’est obligatoire », résume l’un d’eux avec le sourire.
Sur la butte, la buvette historique attire aussi pour sa vue plongeante sur le terrain. « Le rapport qualité-prix est super intéressant et on a une vue sympa par rapport au terrain », note un supporter.
Un tiers des recettes du club
Au-delà de la convivialité et l’esprit familial, la buvette est une réalité comptable. Le Suma est un club amateur. Ses 110 bénévoles, dont 40 en cuisine les soirs de match, ne sont pas rémunérés. Mais leur travail pèse lourd dans les comptes : les recettes de restauration représentent près d’un tiers du bilan annuel du club. Une proportion qui justifie l’investissement dans la troisième buvette de la nouvelle tribune, et la rigueur de l’organisation mise en place saison après saison.
Le prochain match à domicile sera, comme les précédents, l’occasion de remettre le couvert — au sens propre comme au figuré.