Début juin, deux chiens de l’élevage aubois Chrystal d’Ossian ont créé la sensation à Bologne. Lors de l’exposition canine internationale organisée en Italie, Ailinn et Usha — deux lévriers irlandais élevés par Christian Chardonnet et Alain Verrier — ont respectivement décroché les titres de meilleure jeune femelle et de meilleur lévrier irlandais au niveau mondial. Face à eux, près d’une cinquantaine de concurrents venus du Mexique, de Russie, d’Italie et d’ailleurs.
Une race rare, une passion ancienne
En France, on ne recense qu’une dizaine d’élevages spécialisés dans cette race, plus connue sous le nom d’Irish Wolfhound. Une rareté qui s’explique par l’histoire même de l’animal : chasseur de loups à l’origine, il avait quasiment disparu au XVIIIe siècle avant d’être reconstitué par des passionnés. Pour Christian Chardonnet, la fascination remonte à l’enfance.
C'était un rêve depuis l'âge de 10 ans. Sur un livre d'histoire, j'ai vu ces chiens-là. Je me suis dit, j'aurais ces chiens-là.
L’élevage répond à un standard strict, officiel, qui dicte jusqu’au moindre détail morphologique : le port des oreilles, le dégagement de la tête par rapport aux épaules, la qualité de l’encolure. Chaque chien présenté en exposition est scruté à la loupe par des juges formés à ces critères précis.
Un investissement lourd, une logique de passion
Élever des Irish Wolfhounds ne s’improvise pas. Chaque chien consomme près d’un kilo de croquettes par jour. Les soins vétérinaires sont réguliers, le suivi sanitaire particulièrement exigeant. La vente des portées permet avant tout d’équilibrer les comptes — pas de s’enrichir.
La liste d’attente peut atteindre deux ans pour les futurs propriétaires. Un délai que les éleveurs assument pleinement : ils tiennent à placer leurs chiots dans des foyers capables de leur offrir une vie épanouie, loin des boxes. Des chiens de Chrystal d’Ossian vivent aujourd’hui à Madrid, Moscou, en Sibérie ou encore à La Réunion.
On est contents, mais non, on n'a pas pris la grosse tête, pas du tout. De toute façon, on aime nos chiens déjà avant tout. À chaque fois, on dit toujours, quand on vend un chien, on veut qu'il soit heureux, qu'il ne vive pas dans un box.
Les expositions, une obligation réglementaire
Participer aux concours n’est pas qu’une question de prestige. Pour ces éleveurs amateurs installés à Vallentigny, c’est une nécessité : les expositions permettent de valider la conformité des chiens aux standards de la race, de réaliser les tests de santé obligatoires et d’obtenir les déclarations de saillie nécessaires à la reproduction. Le cadre est strict, la réglementation précise.
Cette consécration mondiale ouvre désormais une nouvelle porte : une compétition internationale organisée en Angleterre en février prochain attend Christian Chardonnet, Alain Verrier et leurs Irish Wolfhounds aubois.