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Le long combat d’un propriétaire contre la mérule pleureuse

Gérard Arcelin, septuagénaire, fait face depuis août 2025 à une infestation de mérule pleureuse dans sa maison à Bar-sur-Aube. Décaissement des sols, brulages, injection de fongicide à même les mûrs. Coût total de l’opération  plus de 10 000€. Il souhaite mettre en lumière les dangers de ce champignon invasif.

En août 2025 , un voisin alerte Gérard Arcelin : un champignon envahit sa maison de Bar-sur-Aube. Ce que le septuagénaire découvre alors dans sa cave, c’est la mérule pleureuse, Serpula lacrymans de son nom scientifique, un organisme capable de dévorer le bois et la cellulose avec une rapidité déconcertante. En quelques mois, l’infestation devient massive.

« C’était tout petit, tout petit. Je suis revenu quelques mois plus tard, c’était énorme. Ça mange le bois, les cartons », confie-t-il. Face à l’ampleur des dégâts, une entreprise spécialisée intervient : l’entreprise Aubria, qui réalise chaque semaine deux à trois chantiers de ce type dans le secteur..

Un protocole de traitement extrême

Décaissement des sols, décrépissage des murs, brûlage répété, pulvérisation et injection de fongicides à même les maçonneries : le protocole est draconien. « Aux grands maux, les grands remèdes », résume le technicien de l’entreprise, venu intervenir pour la deuxième fois dans la cave de Bar-sur-Aube.

La raison de cette rigueur tient à la nature même du champignon. Serpula lacrymans possède une faculté de survie exceptionnelle, ce qui impose un traitement en plusieurs étapes, sans possibilité de raccourci.

Assurances, département, État : portes closes

Le coût total du traitement dépasse 10 000 euros. Gérard Arcelin a tenté de faire jouer son assurance, puis s’est tourné vers le département et l’État. En vain. Seule exception : une subvention accordée par la mairie de Bar-sur-Aube.

J'ai fait des démarches vers l'assurance. Aucune compagnie d'assurance ne couvre ce phénomène. Ils ne veulent pas en entendre parler. C'est ce qui explique que les gens n'osent plus dire qu'ils ont la mérule dans leur maison.

Gérard Arcelin propriétaire sinistré – Bar-sur-Aube
Main tenant un formulaire officiel de déclaration en mairie de présence de mérules, nom Arcelin visible
Le formulaire de déclaration en mairie de présence de mérules dans un immeuble, que Gérard Arcelin a dû remplir après la découverte du champignon dans sa maison de Bar-sur-Aube.

Un fléau qui gagne du terrain dans l'Aube

Longtemps cantonnée au nord et à l’ouest de la France, la mérule pleureuse progresse vers l’intérieur des terres, favorisée par l’humidité et la hausse des températures. Gérard Arcelin, comme beaucoup, ignorait jusqu’à l’existence de ce champignon avant d’en être victime.

Aujourd’hui, il veut alerter : élus du département de l’Aube, membres du gouvernement. Son message est direct — des propriétaires se retrouvent seuls face à des factures considérables, sans filet de sécurité, parfois jusqu’au risque d’effondrement de leur habitation.

Il faut faire connaître la mérule à travers les médias. Que les élus du département de l'Aube, que les membres du gouvernement prennent bien conscience que nous pouvons être aidés financièrement afin d'éviter des écroulements de maisons.

Gérard Arcelin propriétaire sinistré – Particulier, Bar-sur-Aube

La loi ALUR, un cadre encore insuffisant

La loi ALUR de 2015 a intégré pour la première fois la lutte contre la mérule dans les politiques publiques. Mais son périmètre reste limité : elle ne prévoit qu’un volet informatif et préventif, sans mécanisme d’aide financière pour les propriétaires touchés. Un vide législatif que Gérard Arcelin entend désormais dénoncer publiquement, en passant notamment par la presse locale.

Contact : g.arcelin@wanadoo.fr