Dans un communiqué, le groupe Cristal Union répond à l’article co-signé par la journaliste de France 3, Émilie Rosso — lauréate du prix Albert-Londres pour son enquête sur la pollution aux perfluorés au sud de Lyon — réalisée en partenariat avec Disclose. L’enquête évoque la présence de PFAS dans la chaîne de production de l’usine d’Arcis-sur-Aube, une contamination qui pourrait être liée à l’usage de certains pesticides.
Mis en cause dans cette enquête pour la présence de “polluants éternels” dans les rejets aqueux de ses usines, le groupe sucrier Cristal Union réfute toute responsabilité directe dans la contamination et dénonce une lecture “sensationnaliste” et “inexacte” des données publiques. Dans la tourmente depuis la diffusion de cette enquête, le groupe coopératif sucrier Cristal Union publie un communiqué pour rétablir ce qu’il présente comme “la vérité scientifique”.
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Des traces infimes à la limite du mesurable, des données mal interprétées, selon Cristal Union
Cristal Union reconnaît que des analyses réalisées en 2023 et 2025 sur ses sites d’Arcis-sur-Aube (10), Buchères (10) et Cristanol à Bazancourt (51) ont révélé la présence d’un seul PFAS, le PFBA, mais dans des concentrations extrêmement faibles, “à la limite du quantifiable”. Ces substances, qui se trouvent dans les produits de tous les jours pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes aux fortes chaleurs, sont communément appelées « polluants éternels ». Selon la coopérative, ces traces ne proviennent ni de son process industriel, ni de l’usage de PFAS, et aucune trace n’a été détectée dans le sucre ou l’alcool produits.
Conformité validée par l’administration
Le communiqué rappelle que la DREAL (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) a inspecté les sites de Cristal Union à plusieurs reprises. Le rapport d’inspection publié en mai 2025 n’a relevé aucun manquement aux obligations légales liées aux PFAS, et aucune mesure administrative n’a été décidée contre le groupe.
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Une étude indépendante en cours
Souhaitant clarifier l’origine de ces traces et mieux comprendre les mécanismes de circulation des PFAS dans l’environnement, Cristal Union a mandaté une équipe de recherche de l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA), spécialisée en chimie de l’environnement. Les résultats sont attendus et devraient faire l’objet d’une publication scientifique.
Des indicateurs contestés par le groupe
Cristal Union conteste également certaines remise en cause méthodologiques. Elle souligne que des indicateurs cités — comme le TFA (acide trifluoroacétique) ou l’indice AOF (composés organiques fluorés) — ne figurent plus parmi les PFAS réglementés.Le groupe rappelle que le décret du 8 septembre 2025 exclut l’AOF de la “trajectoire de réduction des PFAS” et précise que certaines analyses initiales ont été invalidées au profit de méthodes plus précises retenues par la DREAL.
Un appel au dialogue et à la prudence
Cristal Union se dit préoccupée par l’enjeu environnemental des PFAS « la recherche sur ce sujet n’en est qu’à ses débuts. Il convient d’avancer avec prudence, dans le respect du temps nécessaire à une science solide, indépendante et responsable« . Le groupe déplore que sa démarche proactive pour comprendre et identifier scientifiquement l’origine exacte de ces PFAS— la réalisation de plus de 500 analyses, bien au-delà des obligations réglementaires — soit aujourd’hui « pointée du doigt ». « Aucune usine Cristal union n’en utilise, aucune n’en génère. Aucun PFAS n’a été détecté dans le sucre et l’alcool« . Le groupe dit coopérer pleinement avec les autorités pour identifier l’origine de ces traces.
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