Ce samedi matin, les pavés d’Ervy-le-Châtel ont résonné sous les pas d’une trentaine de visiteurs. Élus locaux, architectes français, belges, italiens et américains se sont réunis dans cette Petite Cité de Caractère de l’Aube pour une journée consacrée à une question centrale : quelle place pour l’architecture rurale dans les territoires en mutation ?
Un patrimoine Renaissance au cœur du débat
La matinée a débuté par une déambulation dans les rues du village, devant des bâtiments emblématiques datant de la Renaissance. L’église, classée monument historique et encore en travaux, figurait parmi les étapes phares. Une partie de l’édifice a déjà été restaurée, offrant un aperçu concret de ce que peut donner la réhabilitation patrimoniale à l’échelle locale.
Si l'église est classée monument historique, c'est qu'elle a une valeur nationale, une valeur internationale. On se doit de préserver cette qualité et on se doit de la léguer aux générations successives. C'est le patrimoine, c'est notre bien commun, c'est notre richesse.
La visite a également conduit les participants vers un ancien bâtiment communal en cours de réhabilitation, puis à travers la cité du Vitrail. L’idée directrice : montrer que modernité et héritage peuvent coexister sans se contredire.
Création contemporaine et héritage : une cohérence revendiquée
Pour le maire Roger Bataille, ces « chantiers emblématiques » forment le fil conducteur d’un projet global. Préserver le bâti ancien ne signifie pas figer le village dans le temps. Sur une parcelle donnée, une création contemporaine reste possible, à condition qu’elle s’inscrive dans une réflexion d’ensemble cohérente avec les valeurs patrimoniales du territoire.
Des regards croisés venus d'ailleurs
La matinée a aussi été l’occasion de revenir sur les travaux réalisés en 2025 par des étudiants en architecture de l’université Harvard. Un apport extérieur qui illustre l’ambition portée par la commune : s’ouvrir à d’autres regards pour mieux se réinventer.
Croiser des regards de jeunes architectes étrangers, croiser des regards d'architectes venant de différents pays européens, qui partagent les mêmes problématiques que nous, vient enrichir notre réflexion. C'est une réflexion de fond qui pose des questions extrêmement intéressantes pour l'avenir d'un territoire.
Une table ronde pour prolonger la réflexion
L’après-midi a donné lieu à une table ronde sur la préservation de l’architecture dans les zones rurales. Changements climatiques, bouleversements démographiques, évolutions politiques : autant de défis qui, selon Éric Pallot, architecte en chef des monuments historiques, invitent la profession à revoir sa manière d’envisager la production architecturale. Pour Roger Bataille, l’histoire d’Ervy-le-Châtel elle-même plaide pour cette ouverture : la commune s’est construite, à la Renaissance, sur des rencontres. Elle entend continuer ainsi.
Ervy-le-Châtel attire décidément les regards au-delà de nos frontières : Ervy-le-Châtel : deux architectes chinois renommés en visite dans la Petite Cité de Caractère
