Vingt-trois jours de canicule contre sept l’année précédente, et un carburant dont le prix a continué de grimper : l’été 2026 n’a pas été tendre avec le tourisme dans le département. L’agence Aube en Champagne Attractivité a présenté ce lundi son bilan de saison, couvrant la période de juin à septembre. Le tableau est nuancé : les nuitées reculent de 1,8 % et les excursions de 2,43 % par rapport à 2025, mais les encaissements bancaires, eux, progressent de 7,1 %, portés notamment par l’hébergement.
L'hôtellerie de plein air résiste, la restauration souffre
Tous les secteurs n’ont pas traversé l’été de la même façon. Les plages de Mesnil-Saint-Père et Dienville ont maintenu une fréquentation solide, portant l’hôtellerie de plein air. La restauration, en revanche, a accusé le coup. Sous la chaleur, les clients ont privilégié les repas légers, réduisant mécaniquement le panier moyen des établissements.
À Troyes, la fréquentation a reculé de 4,47 % au cœur de l’été. Le Nogentais et le Pays d’Othe-Armance ont également enregistré une baisse des visites en journée. Mais une tendance commune se dégage : les séjours se sont étalés dans le temps, avec un report notable d’activité sur le mois de septembre.
C'est un bilan mitigé, c'est un bilan nuancé. Il y a des secteurs qui ont très bien marché. L'hôtellerie de plein air, on a une vraie fréquentation au niveau des plages, Mesnil-Saint-Père, Dienville, ça c'est très positif.
% de recul des nuitées (juin-septembre 2026 vs 2025)
% de hausse des encaissements bancaires
Les touristes étrangers, une bouffée d'air frais
Parmi les signaux positifs, l’afflux de touristes allemands retient l’attention. Nombreux à s’arrêter dans l’Aube plutôt que de poursuivre vers l’ouest ou le sud de la France, ils ont consommé sur place avec un panier moyen supérieur à celui des visiteurs français. La hausse du prix du carburant a vraisemblablement joué un rôle dans ce raccourcissement des itinéraires, au bénéfice du département.
Il va falloir que l'ensemble des parties prenantes acceptent qu'il y ait un glissement au niveau des horaires. Et fermer à 18h quand le monde commence à revenir, il va falloir qu'on le reconsidère.
Le tourisme d'affaires, un relais solide
Face aux aléas climatiques, le tourisme d’affaires confirme son rôle de stabilisateur. Six congrès sont programmés à Troyes en septembre et octobre 2026, avec plus de 2 300 participants attendus et 6 000 nuitées à la clé. Un public qui, selon les professionnels, a tendance à revenir en famille après une première visite dans le cadre professionnel.
C'est un impact fort, puisque celui qui vient faire un congrès à Troyes, très souvent si on sait le séduire, il revient en famille.
Adapter l'offre aux nouveaux comportements
L’été 2026 a mis en lumière des disparités très localisées. À Troyes, la rue Champeaux a pâti de la chaleur, quand la ruelle des chats a connu, selon certains restaurateurs, sa meilleure saison. Un constat qui incite les acteurs du tourisme à affiner leur approche : non plus à l’échelle du département, ni même de la ville, mais quartier par quartier.
Pour la saison 2027, une inconnue supplémentaire s’ajoute au tableau : l’élection présidentielle, dont le calendrier pourrait peser sur la fréquentation des mois d’avril et mai. Les professionnels du secteur entendent anticiper dès maintenant.
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