Depuis le 1er octobre 2026, n’importe quel particulier peut contribuer à la restauration des mares du Chaourçois. La Fondation du patrimoine a ouvert une collecte publique d’une durée de trois ans, marquant une nouvelle étape pour un projet qui mobilise le monde agricole depuis cinq ans.
L’initiative repose sur une logique simple : favoriser le retour de la biodiversité en remettant en eau des mares abandonnées, comblées ou envahies par la végétation. Un patrimoine naturel que les épisodes de sécheresse successifs ont remis au premier plan pour les élevages.
mares restaurées en 2025
mares prévues en 2026
mares visées à terme par le projet
ans de durée de la collecte publique
Du volontariat agricole à l'ouverture au public
Le projet fonctionne sur la base du volontariat. Chaque agriculteur est approché, invité à une réunion d’information, puis peut signer un engagement. Un diagnostic de biodiversité est réalisé avant les travaux pour mesurer l’état initial de la mare. Les restaurations elles-mêmes, mais aussi les actions pédagogiques qui suivent, sont éligibles aux financements de la Fondation du patrimoine.
Jusqu’à présent, le projet s’appuyait sur plusieurs organisations professionnelles agricoles, dont la FDSEA de l’Aube. La communauté de communes vient de rejoindre le dispositif. Et désormais, le grand public est invité à prendre part à l’aventure.
Ce n'est pas l'écologie qui doit maîtriser le projet. C'est l'agriculteur qui doit être maître de son pilotage.
La rainette arboricole et le triton crêté, espèces emblématiques
C’est toute une chaîne du vivant que le projet entend restaurer. Parmi les espèces visées : la rainette arboricole, petite grenouille verte caractéristique du territoire, et le triton crêté, tous deux sensibles à la disparition des zones humides.
A Metz-Robert, une mare forestière rouverte en 2025 a déjà montré des résultats rapides. En moins de six mois, des végétations aquatiques épuratrices ont colonisé le site, redonnant vie à un espace laissé à l’abandon. Pour les éleveurs dont les parcelles se jouxtent, ces points d’eau constituent aussi des corridors indispensables pour la faune.
« Aujourd’hui, moi, le projet, je le vois comme l’église de Chaource. C’est un patrimoine naturel. » souligne Jérome Schmitt.
Un prix national et des perspectives de financements européens
Le projet avait déjà reçu une reconnaissance nationale en mai dernier : la Fondation du patrimoine lui a décerné un prix de 100 000 euros dans la catégorie impact environnemental. Une visibilité qui a ouvert de nouvelles portes.
La région et les départements s’intéressent désormais au dispositif, selon le chargé de mission Jérôme Schmitt. Des financements européens pourraient par ailleurs être sollicités à partir de 2028, ouvrant la voie à une extension du programme bien au-delà des cinquante mares initialement visées.
Les récentes sécheresses ont aussi convaincu certains agriculteurs qui hésitaient. Plusieurs ont recontacté l’équipe projet cette année, demandant à intégrer le programme. La collecte publique, accessible sur la plateforme de la Fondation du patrimoine, est ouverte jusqu’en 2029.
LE REPORTAGE VIDEO DANS LE JT DE CANAL 32 CE JEUDI A 18H30, 19H30, 20H30.