Des missions bouleversées depuis la rentrée
Depuis septembre, les conditions de travail ont évolué. L’organisation du centre de loisirs a été revue, et les horaires de garderie ont été allongés jusqu’à 18 h 45, contre 18 h auparavant. Ces modifications devaient faire l’objet d’une réévaluation en décembre — une échéance que les agents jugent bien trop lointaine.
Sur le terrain, la réalité est pesante. Deux ou trois agents pour plus de cent enfants, des absences non remplacées, du matériel réduit à sa plus simple expression. Les grévistes alertent sur des risques concrets en matière de sécurité et dénoncent un manque criant de moyens.
Sophie Beaugrand, animatrice périscolaire en arrêt maladie et non remplacée, témoigne d’un mal-être au travail persistant : « Le manque de sécurité, quand vous êtes dans une cour et que vous êtes deux ou trois pour plus de 100 enfants, forcément vous ne pouvez pas regarder à gauche et à droite en même temps, à faire du périscolaire ou de la cantine ou de les garder dans la cour. Alors quand vous avez un enfant qui tombe et que vous vous retrouvez à deux, ça fait 60 primaires pour une personne. Et vous avez une feuille et un tube de colle pour faire toutes les vacances. Un jour où je suis venue travailler, je pleurais, je ne pouvais plus faire mon travail correctement. »
Burn-out et sentiment d'abandon
Le sentiment qui domine parmi les grévistes n’est pas seulement la fatigue : c’est l’impression de ne pas être écoutés. Des réunions ont eu lieu, des promesses formulées. Mais aucune mesure concrète n’a suivi. Et attendre décembre pour réévaluer la situation, disent-ils, c’est prendre le risque que des agents craquent avant.
Huit revendications
Un tract distribué vendredi détaille les principales revendications du syndicat.
La CGT demande d’abord des effectifs adaptés, avec cinq Atsem pour 70 à 85 enfants et quatre animatrices pour des groupes pouvant atteindre 150 enfants. Elle réclame également une organisation plus sécurisée de la cantine, des déplacements et des situations de travail isolé, ainsi que des temps de pause et de préparation et des plannings jugés réalisables.
Le syndicat demande aussi des agents identifiés et formés pour prendre en charge les PAI, les projets d’accueil individualisés. Autres revendications : l’intervention de la médecine préventive, une évaluation des risques psychosociaux et des mesures face à l’épuisement professionnel.
La CGT demande par ailleurs une organisation concertée du ménage pour les Atsem, avec des horaires adaptés et la fin des tableaux de contrôle permanents. Enfin, elle souhaite revoir les missions des animateurs et notamment l’externalisation des vacances, afin qu’ils puissent se consacrer davantage à l’animation qu’à la seule garderie.