La baie 20 de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Pont-Sainte-Marie a retrouvé son écrin d’origine. L’inauguration s’est tenue le mardi 22 septembre, au terme de quatre années de démarches, de choix techniques et de financement. Un vitrail du XVIe siècle, considéré comme unique en Europe, de retour à sa place.
Quatre ans pour aboutir, deux ans pour restaurer
Le chantier a débuté concrètement en octobre 2023. La baie a été démontée pièce par pièce avant d’être confiée à Élisabeth de Bourleuf, gérante de l’Atelier du Verre Belisama. Le programme était ambitieux : nettoyage des verres, consolidation des structures et remise en plomb totale de l’ensemble.
Le diagnostic préalable a révélé que la baie avait déjà fait l’objet de plusieurs restaurations successives. À chaque fois qu’un fragment se brisait, les artisans d’époque posaient un petit plomb pour assembler les deux morceaux, faute de colles et de résines modernes. Ces « plombs de casse », accumulés au fil des siècles, nuisaient à la lisibilité de l’œuvre.
Un des objectifs, c'était de regagner cette lisibilité et d'ôter un maximum de plombs de casse, de recoller les fragments correspondants.
Un vitrail aux origines italiennes, hollandaises et auboises
L’histoire de cette baie est aussi un voyage à travers l’Europe. Elle trouve son origine dans une gravure réalisée par Hans Kollert, graveur hollandais protestant de la Réforme, lui-même inspiré par l’Italien Franco Battista, artiste catholique. Les marguilliers de Pont-Sainte-Marie l’ont choisie au passage de colporteurs, cherchant une gravure pour composer un vitrail.
Le résultat est une œuvre en grisaille sur verre blanc, technique qui joue sur la lumière pour figurer le divin. Elle se déploie en huit tableaux représentant le Jugement dernier : la mort, l’enfer, l’eucharistie et les dogmes catholiques. Un outil pédagogique, à l’origine, destiné aux prêtres pour transmettre la foi à des fidèles illettrés.
C'est une richesse aussi pour la commune d'avoir un tel bâtiment, un tel édifice, avec surtout des vitraux qui sont exceptionnels, dont la baie 20 qui est unique en Europe.
Une année à la Cité du Vitrail avant le retour
Après restauration, la baie 20 n’a pas été réinstallée immédiatement. Elle a été exposée pendant un an à la Cité du Vitrail, permettant au grand public de découvrir les coulisses du travail accompli. C’est en mars dernier qu’elle a retrouvé sa place dans l’église de Pont-Sainte-Marie, désormais protégée par une verrière de protection destinée à garantir sa conservation dans la durée.
euros, coût total de la restauration
années entre le lancement du projet et l’inauguration
tableaux composant la baie du Jugement dernier
La baie 20 rejoint ainsi les autres vitraux de l’église, dont certains restent à restaurer. Pour Christian Coste, conseiller municipal délégué au patrimoine, ce chantier illustre l’attachement des habitants à ce lieu. La commune entend poursuivre la valorisation de ce patrimoine, inscrit dans le réseau de la route du Vitrail qui traverse l’Aube.
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