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Violences autour des lycées : François Baroin appelle au calme, la préfecture durcit le dispositif

Violences autour des lycées : François Baroin appelle au calme, la préfecture durcit le dispositif

Après plusieurs journées de mobilisation marquées par des incidents à Troyes et dans l’agglomération, les autorités renforcent le dispositif autour des lycées. Le préfet Pascal Gauci interdit notamment les rassemblements devant cinq établissements. De son côté, François Baroin condamne les violences et appelle les lycéens, leurs parents et les responsables politiques « au calme, à la raison et à la responsabilité ».

Le mouvement lycéen se poursuit ce lundi 5 octobre dans l’agglomération troyenne, mais dans un cadre nettement plus restrictif. Après les incidents constatés jeudi et vendredi, le préfet de l’Aube, Pascal Gauci, a pris deux arrêtés destinés à prévenir de nouveaux troubles.

Les rassemblements sont ainsi interdits de lundi 7 heures à mardi 18 heures aux abords de cinq établissements : les lycées Les Lombards, Chrestien-de-Troyes, Camille-Claudel et Gabriel-Voisin à Troyes, ainsi qu’Édouard-Herriot à Sainte-Savine.

Le préfet interdit également, aux abords des lycées du département, le port d’équipements de protection destinés à mettre en échec les moyens utilisés par les forces de l’ordre pour le maintien de l’ordre. Cette mesure s’applique jusqu’à mardi 23 h 59. La préfecture souligne que certaines personnes avaient notamment utilisé des foulards ou des cagoules pour dissimuler leur visage lors des précédents rassemblements.

François Baroin condamne les violences

Dans ce contexte, François Baroin est également sorti de son silence. Le maire de Troyes dit condamner « fermement les violences » de la semaine dernière et appelle « au calme, à la raison et à la responsabilité ».

Il estime toutefois que les inquiétudes exprimées par les lycéens sur « la surcharge des classes, le manque de professeurs ou des problèmes d’organisation » doivent être entendues. Selon lui, il revient à l’État et à l’Éducation nationale « de nouer rapidement ce dialogue et d’apporter des réponses appropriées ».

Mais le maire trace une ligne rouge entre revendications et violences. Il cite notamment la destruction d’une clôture pour pénétrer dans un lycée, du mobilier urbain arraché ou incendié, un tir de mortier en direction d’un proviseur, ou encore des dégradations de véhicules de la Police nationale.

La Ville veut faire payer les dégradations

François Baroin indique avoir demandé aux services municipaux de chiffrer les destructions commises depuis le début du mouvement. La Ville entend engager des poursuites contre leurs auteurs et, lorsqu’ils sont mineurs, mettre en cause la responsabilité de leurs parents.

« Il n’est pas tolérable que les agissements de quelques-uns privent l’ensemble des habitants de l’espace public et en abîment les aménagements et matériels », affirme le maire. Il appelle également les parents à exercer leur autorité afin d’éviter que leurs enfants ne se retrouvent confrontés aux forces de l’ordre.

Alors que de nouveaux blocus ont été annoncés, François Baroin demande aussi aux riverains et aux bailleurs de rentrer leurs poubelles afin qu’elles ne puissent pas être utilisées comme projectiles ou pour alimenter des incendies. Il suggère par ailleurs le recours aux cours à distance dans les établissements concernés afin de ne pas pénaliser les élèves souhaitant poursuivre leur scolarité normalement. 

27 GARDES À VUE DEPUIS LE DÉBUT DU MOUVEMENT

Par ailleurs, le bilan judiciaire s’est également alourdi. Dans un communiqué diffusé vendredi soir, la procureure de la République de Troyes indique que 27 gardes à vue ont été enregistrées depuis le lundi 28 septembre, concernant 26 mineurs et un majeur. Les procédures portent notamment sur des outrages et violences envers les forces de l’ordre, des dégradations ou encore la détention de produits incendiaires. 

Vingt personnes ont été déférées : huit mineurs devront comparaître devant la justice, tandis que onze autres ont été orientés vers des compositions pénales. Parmi les mesures prononcées ou ordonnées figurent des stages de citoyenneté, du travail non rémunéré, l’obligation de réparer les préjudices, mais aussi des interdictions de manifester ou des couvre-feux. 

La procureure souligne que les débordements constatés ont « sérieusement » mis en danger élèves, personnels éducatifs et forces de sécurité.