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Une action contestataire des agriculteurs aubois devant la préfecture de l’Aube

Une action contestataire des agriculteurs aubois devant la préfecture de l’Aube

Des agriculteurs aubois ont déversé leurs bennes devant la préfecture de l’Aube le 2 octobre lors d’une réunion sur le 7e programme d’action nitrates. La mobilisation symbolise un ras-le-bol face à une nouvelle directive européenne jugée incompatible avec les pratiques agricoles et la météo locale.

Ce mercredi 2 octobre se tenait, à la préfecture de l’Aube, une réunion avec les responsables des syndicats agricoles sur le 7ᵉ programme d’action nitrates. La FDSEA avait déjà organisé une réunion d’échanges avec les services de l’État au mois de septembre, sans réussite. Cette nouvelle norme, issue d’une directive européenne, cherche à protéger les eaux d’une dégradation causée par les effluents agricoles. Elle est cependant estimée « incompatible » avec la pratique agricole et la météo par les syndicats.

La mobilisation a débuté vers 18h mais rapidement, les agriculteurs ont déversé leurs bennes devant la préfecture en apprenant la tournure de la réunion. À noter que les syndicats ont tenu à répandre des matières fertilisantes afin que la ville puisse les « réutiliser ». À 20h, à la sortie de la réunion, Romain Benoist, président des jeunes agriculteurs de l’Aube, raconte : « La réunion était houleuse, on a malheureusement eu un refus de participer de la part de ma région et de la DRAF (Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt). Du moins ils ont participé en visioconférence et pas en réel. On est un peu agacés que les gens qui nous pondent les réglementations ne viennent pas nous les dire en face. »

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Plus que cette nouvelle directive, la mobilisation est le symbole d’un ras-le-bol général qui couve depuis plusieurs mois. La réglementation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase d’une colère générale causée par une météo capricieuse, une crise sanitaire pour l’élevage, des problèmes économiques et une pression fiscale et environnementale toujours plus forte.

Le monde agricole est sous une « extrême pression […] pire que celle du mois février » d’après Benoît Lévêque, président de la FDSEA de l’Aube : « C’est une crise et surtout un mal-être des agriculteurs. La tension est présente partout et on n’a pas besoin de directives supplémentaires pour mettre de l’huile sur le feu. »

Cette réunion a tout de même permis aux syndicats d’obtenir deux dérogations, jugées « minimes ». Les syndicats veulent l’annulation de la directive, comme l’expliquent les deux présidents : « On ne lâchera rien. S’ils n’ont pas entendu nos doléances, on reviendra demain, mais avec d’autres choses et de façon un peu plus importante que ce qu’il y a aujourd’hui. »

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L’Aube est le premier département de la région à se mobiliser sur la question et si la réponse n’est pas jugée satisfaisante, la mobilisation pourrait se poursuivre et prendre une ampleur nationale : « On leur a laissé 15 jours pour répondre, mais il faut que les réponses nous parviennent dans les jours qui viennent parce que sinon la colère va monter de plus en plus. Arrivera un moment où on ne saura plus retenir le bouchon. Aujourd’hui, c’était le coup de semence, mais les actions vont continuer. Je vais appeler mes collègues régionaux pour amplifier le phénomène si on n’arrive pas à se faire entendre. » conclue l’agriculteur de Villeneuve-au-Chemin.

LES IMAGES DANS LE JT DE CANAL 32 CE JEUDI A 18H30, 19H30…