Le lac d’Orient fête ses 60 ans, mais sous ses eaux repose une histoire méconnue. Celle de la ferme Saint-Victor, aujourd’hui disparue, dont il ne subsiste qu’une unique photographie. Dans les années 1960, la construction du lac a bouleversé la vie locale. Des familles, dont celle de Patrice Bourgoin, ont été expropriées en 1963. La ferme familiale, dédiée à l’élevage laitier et à viande, sera rasée un an plus tard, tout comme plusieurs tuileries. Le projet a également entraîné le déplacement d’un cimetière.
Depuis plus de 35 ans, Patrice Bourgoin collecte, archive et préserve des documents liés à cette mémoire engloutie. Photographies, objets, témoignages : son travail vise à éviter que ce passé ne sombre dans l’oubli. Il profitait notamment des vidanges décennales du lac pour capturer les dernières traces visibles de la ferme.
Mais avec les récents aménagements, ces vidanges n’auront plus lieu. Une page se tourne, renforçant encore l’importance de ces archives. Aujourd'hui, Patrice Bourgoin s'inquiète du devenir de ses archives et craint que ce passé sombre dans l'oubli.