Les bassines en cuivre ont repris du service. Un mois à peine après l’incendie qui a tout réduit en cendres, Catherine Manoël a relancé la production du Comptoir des Confitures. Stocks, matériel, recettes : dans la nuit du 12 au 13 juillet, le sinistre avait anéanti l’intégralité de l’atelier de cette maître-artisan confiturier installée à Coursan-en-Othe, dans l’Aube.
Dès le lendemain matin, elle cherchait un local. Elle en a trouvé un rapidement, en réhabilitant d’anciens bureaux en laboratoire de fabrication. Un nouveau départ, contraint mais résolu.
pots produits par jour (contre 140 avant l’incendie)
25 000 euros pour repartir de zéro
Rachat du mobilier, réfection des murs, réaménagement complet : la remise en état du nouveau laboratoire a coûté environ 25 000 euros. Une cagnotte lancée dans la foulée du sinistre a permis d’en financer près du quart. Le reste a été assumé par Catherine Manoël elle-même, déterminée à ne pas laisser l’entreprise sombrer.
L’espace disponible est nettement plus réduit. La production journalière a été divisée par deux, passant de 140 à 70 pots. Les stocks restent limités. Mais l’activité tourne à nouveau.
Le combat que j'ai mené pour faire repartir l'entreprise ici m'a occupé beaucoup de temps. Je suis passée devant le tas de cendres qui tous les jours, mais sans le regarder, parce qu'il y a un autre combat qui se prépare.
Le salon Made in France comme horizon immédiat
Cet « autre combat », c’est le MIF — le salon du Made in France. Catherine Manoël y représentera l’Aube et la région Grand Est. Elle prépare pour l’occasion une confiture inédite, qu’elle accompagnera de produits de sa communauté de communes. Une façon d’emmener avec elle d’autres artisans locaux.
De quoi transformer sa propre reconstruction en vitrine collective pour le territoire aubois.
Le développement Qatar, Doha, Dubaï, Sultanat d'Oman, Arabie Saoudite est toujours en cours. On attend à ce jour 8 palettes de pots. Pour les remplir et les renvoyer. Le projet est derrière et il est clair que cela va générer des embauches.
L'export vers le Golfe, un cap maintenu
L’incendie n’a pas fait dérailler les projets à l’international. Le Comptoir des Confitures attend huit palettes de pots vides pour alimenter ses marchés au Qatar, à Dubaï, au Sultanat d’Oman et en Arabie Saoudite. Des commandes déjà engagées avant le sinistre, que Catherine Manoël entend honorer. Elle évoque même, à terme, des embauches liées à ce développement.
À Coursan-en-Othe, les cendres sont encore là. Mais les bassines en cuivre bouillonnent à nouveau, et les ambitions, elles, n’ont pas rétréci.
Retour sur la nuit qui a tout détruit et la mobilisation qui a suivi : Comptoir des confitures, après le feu, une mobilisation pour relancer l’atelier
