Dimanche en fin d’après-midi, 65 caravanes ont investi le terrain de football de Saint-Lyé. Une installation « surprise » qui a pris de court les habitants et les élus de la commune. Les occupants, pour la plupart des gens du voyage locaux, avaient quitté les aires d’accueil officielles de Troyes Champagne Métropole, qu’ils jugeaient aux conditions trop difficiles. Pour entrer sur le site, un grillage a été coupé et le terrain de football dégradé par le passage des véhicules.
Un accord de 15 jours
Face à la situation, le maire de Saint-Lyé, Karim Hellal, a choisi d’éviter l’escalade judiciaire. Un engagement de quinze jours a été conclu avec les occupants. En contrepartie, l’accès à l’eau des vestiaires et à l’électricité leur a été accordé, permettant, selon l’élu, de clarifier la situation et de maintenir un cadre.
Les contrôles de routine de la gendarmerie se sont, eux, multipliés sur place depuis l’installation.
Il y a deux solutions : soit je porte plainte et on essaie de les faire partir, mais la procédure est tellement longue qu'on n'y arrive pas. Soit on s'entend bien avec eux, il n'y a pas de casse, ils respectent l'endroit et ils nous payent ce qu'ils nous doivent. L'idée, c'est que ça ne soit pas pénalisant pour les habitants de Saint-Lyé. Je suis là pour les protéger, c'est la priorité d'un maire.
Entre compréhension et fermeté
Karim Hellal ne cache pas les ambiguïtés de la situation. Il reconnaît que couper un grillage pour entrer n’est « pas tout à fait normal », mais il préfère regarder en avant. Sa priorité : que le séjour se passe sans incident pour les Lyotains comme pour les nouveaux arrivants.
Les occupants ont pris plusieurs engagements : rendre le site dans l’état où ils l’ont trouvé, et dédommager financièrement la commune. Le maire dit s’être personnellement assuré que ces conditions soient posées, afin d’éviter tout sentiment d’impunité ou d’abus.
caravanes installées sur le terrain de football
jours d’engagement conclus avec les occupants
Un maire qui assume
Karim Hellal sait que sa posture peut être critiquée. « Peut-être que je fais mal, je ne sais pas. J’essaie de faire pour le mieux », a-t-il précisé. À l’issue des quinze jours convenus, la situation devra être réglée. Le maire espère que les engagements pris seront tenus — et que le terrain de football retrouvera vite sa vocation première.
Une situation similaire s’était déroulée à Sainte-Savine, avec cette fois une évacuation menée par les forces de l’ordre : Parc du Grand Troyes : une opération d’évacuation des gens du voyage
