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Sécheresse : quelles conséquences pour les pommes du Pays d’Othe ?

La sécheresse qui frappe l’Aube depuis plusieurs mois met à rude épreuve les vergers du Pays d’Othe. Les producteurs de cidre et de jus de pomme voient leurs arbres lâcher leurs fruits prématurément, faute d’eau suffisante.

Les pommes tombent. Pas parce qu’elles sont mûres, mais parce que les arbres n’ont plus d’eau. Dans les vergers du Pays d’Othe, la sécheresse de cet été laisse des traces visibles : fruits au sol, feuilles jaunies, sol fissuré entre les rangs. La dizaine de producteurs adhérents du syndicat Cidricole du Pays d’Othe en mesure les effets depuis plusieurs semaines.

L'arbre sacrifie ses fruits pour survivre

Privé d’eau, le pommier se déleste de ses fruits pour se préserver. Les pommes qui tombent ainsi ne sont pas mûres et ne produiront rien d’utile au pressoir. Déshydratée, leur pulpe devient liégeuse : au pressurage, il n’en sort pratiquement pas de jus.

Producteur depuis près de quarante ans, Gérard Hotte a déjà traversé des étés chauds. Mais la fréquence du phénomène a changé.

La succession des canicules, c'est quasiment une canicule tous les mois. Et puis maintenant, l'effet de la sécheresse, ça devient quand même inquiétant.

Gérard Hotte Président – Syndicat Cidricole du Pays d'Othe

Un sol qui se fissure jusqu'aux racines

En août, environ 40 millimètres de pluie sont tombés sur le secteur, soit deux fois moins que nécessaire pour les cidriculteurs. L’herbe sèche entre les rangs accentue le phénomène : sans paillis, le sol se craquelle et les fissures atteignent les racines. Des arbres fragilisés qui produiront moins à terme.

Une hausse des précipitations d’ici la fin du mois pourrait encore limiter les dégâts. Mais les producteurs ne misent plus sur la météo seule pour s’en sortir.

Recycler l'eau de lavage pour arroser les vergers

Face à l’insuffisance des techniques habituelles — réduction des tontes, pulvérisation d’argile —, Gérard Hotte a décidé de franchir un cap. Il prévoit de récupérer les eaux de lavage des pommes pour les réinjecter directement dans les vergers. Avec, à terme, un système de stockage.

Il faut vraiment trouver des solutions aujourd'hui. Pas d'urgence, des solutions durables.

Gérard Hotte Président – Syndicat Cidricole du Pays d'Othe

Une IGP en vue et de nouvelles variétés plus résistantes

Le syndicat anticipe aussi sur le long terme. Les producteurs de l’Aube et de l’Yonne devraient obtenir dès l’an prochain une indication géographique protégée (IGP) pour leurs productions. Le cahier des charges recense une quarantaine de variétés. Parmi elles, quelques-unes ont été intégrées précisément pour leur résistance à la sécheresse, sans être originaires du Pays d’Othe.

La sécheresse n’a pas que des effets négatifs. Les ventes de jus de pomme progressent en France, et le Pays d’Othe en profite. L’an dernier, 250 000 litres ont été commercialisés. Pour cette année, en puisant dans les stocks, le président du syndicat table sur une hausse de 10 % de la consommation.

40

mm de pluie tombés en août, soit deux fois moins que nécessaire pour les cidriculteurs

250000

litres de jus de pomme du Pays d’Othe commercialisés l’an dernier

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