Trente ans de passion mécanique se dispersent en quelques heures. Claudine Lefranc, collectionneuse de matériel agricole dont la marque Vendeuvre, a choisi de mettre fin à sa collection ce vendredi, en confiant quelque 200 lots à la maison de ventes aux enchères IVOIRE Troyes Boisseau Pomez. Tracteurs, accessoires et machines agricoles sont proposés sur deux sites : 6 rue Dussacq à Vendeuvre-sur-Barse principalement les tracteurs, et au 38 rue Georges Furier à Saint-Parres-lès-Vaudes, dédié au matériel agricole.
Tourner la page, transmettre le patrimoine
La décision n’a rien d’anodin. Pour Claudine Lefranc, vendre aux enchères répond à une logique à la fois pratique et affective. « C’est un peu encombrant et il faut savoir tourner la page et en faire profiter d’autres collectionneurs, d’autres amateurs de mécanique qui peuvent faire de belles restaurations », explique-t-elle. La vente aux enchères élargit considérablement le cercle des acheteurs potentiels, bien au-delà du marché local ou régional, mais ce sont plutôt des marchés nationaux et voir internationaux qui sont visés.
Les mises à prix des tracteurs s’échelonnent de 500 à 17 000 euros selon les pièces. Certains modèles sont particulièrement convoités pour leur rareté : fabriqués en petites séries, ils manquent souvent à des collections qui possèdent déjà les modèles supérieurs et inférieurs d’une même gamme. « Ils ont celui du dessus, celui du dessous dans la gamme et ça peut avoir un attrait pour eux à avoir toute la série », souligne la collectionneuse.
Un patrimoine industriel local en plein regain
La marque Vendeuvre n’est pas un nom comme un autre dans l’Aube. Née à la fin du XIXe siècle, la fabrication de matériel agricole, sous plusieurs marques successives, s’est poursuivie jusqu’aux années 1960, principalement en petites séries. Ce caractère artisanal confère aujourd’hui à ces machines une valeur patrimoniale et une rareté appréciées des collectionneurs.
Le commissaire-priseur Geoffroy Boisseau, de l’étude IVOIRE Troyes Boisseau Pomez, observe un regain d’intérêt marqué pour la marque Vendeuvre. Il cite comme point de bascule la vente de la collection de Daniel et Gérard Rambach l’année précédente, décrite comme la plus belle collection de tracteurs Vendeuvre de France et même d’Europe. Depuis, une nouvelle génération de passionnés a émergé.
Des jeunes de 20, 25, 30 ans qui ont vu leur père, leur grand-père avoir des tracteurs et se lancer à bras-le-corps dans cette passion parce que c'est quelque chose d'assez émouvant. On peut y voir du fer, des couleurs, des pneus, mais c'est aussi quand même des objets du patrimoine. Et c'est un peu notre devoir de mémoire de les faire vivre.
Un devoir de mémoire, au-delà de la mécanique
Pour Geoffroy Boisseau, l’enjeu dépasse le simple marché de l’ancien. Ces tracteurs sont des objets de transmission, porteurs d’une histoire familiale et industrielle. La vente aux enchères, en les diffusant aux quatre coins de France et au-delà, assure leur survie et leur restauration. « Ce qui est aussi formidable, c’est qu’ils puissent partir au bout de la France, contaminés d’enthousiasme, avec l’idée de constituer une collection Vendeuvre », ajoute-t-il.
La vente se tient ce vendredi de 14h à 18h, 6 rue du Dussacq à Vendeuvre-sur-Barse. L’exposition est d’ores et déjà ouverte aux amateurs souhaitant examiner les pièces avant les enchères. Pour découvrir les différents lots à la vente, rendez-vous sur le site de la maison de vente Boisseau-Pomez.
Dans la même veine, l’année dernière avait marqué les collectionneurs : Une collection exceptionnelle de tracteurs Vendeuvre mise aux enchères
