Depuis début septembre, les platanes de l’avenue du 1er-Mai à Troyes accueillent chaque soir une colonie d’étourneaux en migration. Cette année, leur nombre est estimé entre 60 000 et 80 000 individus, un chiffre qui varie d’une saison à l’autre selon les vents dominants. Pour limiter les nuisances, la ville a de nouveau fait appel à des fauconniers professionnels, comme elle le fait depuis huit ans.
Une opération ciblée en début de soirée
Les interventions ont lieu au crépuscule, au moment précis où les étourneaux rejoignent les arbres pour la nuit. L’entreprise Phoenix effarouchement déploie alors des buses de Harris, de petits rapaces originaires d’Amérique du Sud. Ces oiseaux, capables de chasser en groupe, sont équipés de grelots aux pattes.
On va utiliser des petits aigles d'Amérique du Sud qu'on appelle des buses de Harris. Ils ont toutes les caractéristiques physiques d'un aigle royal miniature. Et l'intérêt de ces oiseaux, c'est qu'ils peuvent travailler à plusieurs en même temps. Nous, on leur met des petites sonnettes aux pattes, comme des grelots. Ce qui va permettre, lorsqu'ils rentrent dans un arbre pour faire une attaque sur un étourneau, de permettre à l'étourneau de les entendre arriver et donc de ne pas se faire attraper. Puisque le but, ce n'est pas de détruire la population, mais c'est de créer un sentiment de peur pour provoquer un départ.
Bruitages et effets lumineux en renfort
L’effarouchement se déroule en deux temps. Les fauconniers commencent par des bruitages et des effets lumineux pour déstabiliser les oiseaux, avant de lâcher les rapaces. L’objectif est de rendre le site inhospitalier, sans blesser ni tuer les étourneaux. La ville a prévu au moins deux soirées d’intervention, planifiées en concertation avec les professionnels.
Le timing est calculé : mi-octobre, toutes les colonies sont pleinement présentes sur le site, ce qui maximise l’efficacité de l’opération. Les étourneaux, insectivores et frugivores, quittent naturellement les lieux lorsque les températures chutent. L’effarouchement vise simplement à anticiper ce départ.
On fait cette action mi-octobre, très volontairement, c'est les fauconniers qui nous l'indiquent, parce que c'est le meilleur moment pour le faire, parce que toutes les colonies sont pleinement présentes. Il y a deux impacts pour les riverains. Le premier, c'est toutes les fientes que vous voyez au sol, et effectivement, autant pour les voitures aussi, le sol et la voirie. Et le deuxième, c'est le bruit que vous entendez.
Un enjeu de santé publique
Au-delà des désagréments pour les riverains et les automobilistes, la présence massive d’étourneaux pose un problème sanitaire. Les fientes contiennent de nombreux agents pathogènes. Une fois séchées et réduites en poussière, elles peuvent être inhalées par les passants.
Vous avez une population qui crée une vraie atteinte à la santé et à la salubrité publique, étant donné que ces oiseaux sont porteurs d'énormément de pathogènes au sein des fientes. Et les fientes, dès qu'elles sèchent, on peut ingérer ces pathogènes en respirant tout simplement de la poussière de fientes. Donc la mairie a un vrai devoir de santé publique envers sa population.
étourneaux estimés au maximum cette année
soirées d’intervention prévues au minimum
Si l’opération réussit, les équipes de propreté de la ville devraient voir leur charge de travail allégée dans les prochains jours. Les étourneaux, une fois le sentiment d’insécurité installé, sont attendus sur d’autres sites de migration.tr