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Le blocage à l’UTT se poursuit après le vote de la hausse des frais d’inscription

Le conseil d’administration de l’Université de technologie de Troyes a voté, jeudi, une augmentation des frais d’inscription de 3 140 à 7 950 euros pour un cursus de cinq ans. Les étudiants, mobilisés depuis trois jours, entendent poursuivre le mouvement.

13 voix contre 11. C’est par ce score serré que le conseil d’administration de l’Université de technologie de Troyes a validé, jeudi après-midi, une hausse des frais d’inscription. Pour un cursus complet de cinq ans, la facture passerait de 3 140 à 7 950 euros à partir de la rentrée 2027. Soit une augmentation de 153 %. Deux autres scénarios — le maintien des tarifs actuels ou une modulation selon les revenus — ont été écartés.

Cette augmentation  a mis le feu aux poudres. Dans le calme, l’UTT entame ce vendredi sa troisième journée consécutive de blocage, portée par des étudiants qui refusent de voir la porte de leur école se réduire à une question de portefeuille.

7950

euros pour un cursus de 5 ans (contre 3 140 actuellement)

153

% d’augmentation des frais d’inscription

13

voix pour la hausse au conseil d’administration (contre 11)

« On se bat pour les futurs étudiants »

Les étudiants actuels ne seront pas directement touchés : ils resteront aux tarifs en vigueur, à 630 euros par an, pour toute la durée de leur scolarité. Mais cela ne suffit pas à calmer la mobilisation. Pour les manifestants, l’enjeu dépasse leur propre situation.

« Ça fait une augmentation de 153 %. C’est un an de loyer dans un logement étudiant troyen. C’est 500 euros de SMIC, c’est 4 800 euros, donc 4 800 repas au Crous. Les étudiants qui sont déjà là, ils vont rester sur les frais à 630 euros pendant toute leur scolarité. Donc ça sera seulement sur les nouveaux arrivants. Maintenant, nous, si on se mobilise, c’est pas pour nous. C’est parce que les futurs étudiants de l’UTT ne sont pas là. Et il faut qu’il y ait quelqu’un qui se batte pour eux. » Gabriel, étudiant, Université de technologie de Troyes.

Un sous-financement structurel reconnu de tous

Sur le diagnostic, direction et étudiants se rejoignent : les dotations de l’État sont insuffisantes. Elles auraient progressé de 17 % depuis 2017, quand l’inflation atteignait 23 % sur la même période. Par étudiant, l’UTT perçoit 8 600 euros de l’État, contre une moyenne de 12 000 euros dans les écoles d’ingénieurs françaises. Une dotation qui, selon les étudiants, ne couvre même pas les frais de chauffage et d’électricité.

Le Département et la Région abondent également le budget de l’établissement, mais leur engagement se réduirait d’année en année. Résultat : le budget de l’UTT recule en termes réels.

« L’UTT, c’est 100 millions d’euros de retombées directes et indirectes sur le territoire de l’agglomération. Une baisse de la fréquentation de l’UTT, ça va avoir un impact sur toute la vie de l’agglomération troyenne. Que ce soit sur le logement, sur la fréquentation des commerces, des restaurants. » Kyllian, étudiant, Université de technologie de Troyes.

Étudiants derrière des barrières métalliques avec une pancarte "Bloc UTT" devant l'entrée de l'école d'ingénieurs
Des barrages filtrants ont été installés à l'entrée de l'UTT. Les accès aux bâtiments étaient bloqués ce matin.

La sélection par l'argent, principale crainte

Au-delà des chiffres, les étudiants pointent un risque de transformation profonde de l’identité de l’UTT. Ils soulignent que d’autres écoles d’ingénieurs post-bac maintiennent des frais autour de 630 euros par an (environ 3140 euros sur cinq ans). Une hausse à 7 950 euros pour cinq ans pourrait, selon eux, décourager les candidats issus de familles modestes et modifier le profil social du recrutement.

« Ça va peser sur le choix des familles et des futurs étudiants. Du coup, l’UTT rentre dans un schéma de sélection par l’argent. C’est évident », résume l’un des mobilisés.

Un conseil d'administration extraordinaire dans le viseur

Malgré le vote, le mouvement ne semble pas près de s’éteindre. Les étudiants envisagent de demander la convocation d’un conseil d’administration extraordinaire, en espérant peser sur les élections de renouvellement de l’instance prévues en novembre. Si cette piste échoue, ils évoquent une mobilisation sur l’ensemble de l’année universitaire. Une rencontre avec le directeur de l’établissement est prévue ce lundi.

La direction de l’UTT s’était déjà exprimée après le premier mouvement de protestation : Après le mouvement des étudiants, la direction de l’UTT réagit

Après le mouvement des étudiants, la direction de l'UTT réagit