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24 juillet 2025 à 10:11

Du côté du XIXᵉ : le lavoir de Saint-Mards-en-Othe

Cet été, notre historien Jean-Louis Humbert vous propose la 10ᵉ saison de l’émission « Du Côté du XIXᵉ ». Partez à la découverte du patrimoine aubois en découvrant, ou redécouvrant, des bâtiments symboliques de l’époque aux quatre coins du département. Dans ce numéro, Jean-Louis Humbert s’est rendu au lavoir de Saint-Mards-en-Othe, aujourd’hui utilisé comme local communal ; il a été le plus grand du département par ses dimensions.

Le plus grand lavoir de l’Aube

Construit en 1854, le lavoir public couvert de Saint-Mards-en-Othe était destiné aux 1 800 habitants de la commune. Avec ses 60 places de lavage, il détrônait celui de Crespy-le-Neuf, édifié deux ans plus tôt. La décision du conseil municipal remonte au 5 décembre 1852 ; le devis s’élevait à 14 500 francs, mais les élus votèrent un crédit de 16 000 francs. La commune n’eut pas besoin d’emprunter : la bonneterie et les métiers à bras, implantés dans le village dans les années 1850, assuraient une prospérité suffisante.

Les plans furent confiés à l’architecte troyen Jules Duval, également auteur du marché couvert de Bar-sur-Seine en 1849 et de la mairie-halle de Rigny-le-Ferron en 1847. Le bâtiment, long de 29 mètres sur 7,50 mètres, fut construit en briques provenant des fourneaux de Géraudot. Huit grandes baies vitrées en demi-lune éclairaient l’intérieur, rythmées par trois portes d’entrée contiguës. Un bandeau de pierres blanches de Tonnerre ceinturait l’édifice au niveau des fenêtres.

Une reconversion en local communal

Alimenté par la source Saint-Bouin via des tuyaux de fonte, le bassin de lavage mesurait 24,20 mètres de long. Les galeries et bassins étaient carrelés de briques, et des retraits de 30 centimètres dans les murs permettaient de déposer les paniers des lavandières. Les premiers travaux conséquents n’eurent lieu qu’en 1876, soit vingt-deux ans après la construction, pour une somme de 2 723 francs.

Avec la généralisation du lave-linge durant les Trente Glorieuses, le bâtiment perdit sa fonction d’origine. Un plancher fut posé sur le bassin. Aujourd’hui, le lavoir abrite les vestiaires de l’équipe de football locale, des locaux pour le personnel communal et le siège d’une association qui porte son nom.

Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.