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Manifestations : les commerçants veulent rassurer leurs clients

Une quarantaine de commerçants du centre-ville de Troyes se sont rassemblés rue Émile-Zola ce jeudi matin, pancartes en main, pour rassurer leur clientèle. Depuis plusieurs semaines, les manifestations nationales successives font fuir les acheteurs et pèsent lourd sur les chiffres d’affaires.

Ce jeudi matin, une quarantaine de commerçants du centre-ville de Troyes ont pris position rue Émile-Zola, pancartes en main. Le message affiché est simple : « Nos commerces ont besoin de vous. » Derrière cette initiative symbolique, portée par le Petit Aubois et l’association Les Vitrines de Troyes la Champagne, se cache une réalité économique alarmante.

Depuis plusieurs semaines, les manifestations nationales successives ont semé le doute dans l’esprit de nombreux clients. Résultat : des rendez-vous annulés, des rues désertes le samedi, et des pertes estimées entre 30 et 40 % du chiffre d’affaires habituel.

La peur, premier ennemi du commerce local

Des images de boutiques barricadées ou saccagées dans d’autres villes circulent sur les médias nationaux. Dans l’Aube, les clients appellent, s’inquiètent, et finissent par rester chez eux. Une commerçante spécialisée dans l’épilation au laser témoigne : ses clientes appellent le samedi matin pour annuler leur rendez-vous, craignant de se rendre en centre-ville. « Puis d’un seul coup, il n’y a plus personne », résume-t-elle.

La confusion entre ce qui se passe ailleurs et la réalité troyenne coûte cher. À Troyes, aucun débordement n’a été signalé. Mais les craintes suffissent à vider les rues.

40

commerçants du centre-ville mobilisés ce jeudi

30

% de perte de chiffre d’affaires estimée

« Ça fait 30 ans qu'on est ouvert »

Pour certains, la situation touche à l’existentiel. Une commerçante  confie arriver chaque matin « la boule au ventre », incertaine de pouvoir payer ses charges et ses fournisseurs. « On n’a jamais ressenti autant de difficultés que là », dit-elle, avant d’admettre avoir parfois envisagé de tout arrêter. Mais l’attachement à son commerce l’emporte. « J’aime tellement ce que j’ai fait. Et là, le voir peut-être partir, ça me fend le cœur. »

Un autre commerçant balaye l’idée que l’ouverture éventuelle dominicale en novembre pourrait compenser les dégâts : « Ce n’est pas en ouvrant d’un seul coup 4 dimanches qu’on va rattraper nos 40 % de pertes du mois d’octobre. »

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Un message publié sur les réseaux sociaux : les commerces restent ouverts et attendent leurs clients. (photo Les vitrines de Troyes la Champagne)

Aujourd'hui, on veut mobiliser un petit peu l'acheteur, le consommateur, de dire venez au centre-ville. Il faut soutenir nos commerçants et essayer d'avoir une action positive. Ce n'est pas le jour où la boutique sera fermée qu'il faudra dire c'était bien.

Alexandre Melin Président – Les Vitrines de Troyes-la-Champagne

Un rassemblement éclair, un message durable

L’action n’a duré que quelques minutes. Le temps de se réunir, de prendre une photo collective et de la diffuser sur les réseaux sociaux. L’objectif n’était pas de bloquer une rue, mais d’envoyer un signal clair : le centre-ville de Troyes est ouvert, calme et accessible.

Alexandre Mélin, président des Vitrines de Troyes-la-Champagne, insiste sur l’urgence du soutien au commerce de proximité. Attendre que les enseignes ferment pour regretter leur absence, ce serait, selon lui, agir trop tard. Le message des commerçants troyens est donc aussi un avertissement : le tissu commercial local se fragilise, et chaque achat compte.

Un contexte économique difficile pour les entreprises auboises, déjà fragilisées avant ces semaines de manifestations : L’activité des entreprises au plus bas depuis 18 ans

L’activité des entreprises au plus bas depuis 18 ans