Le 31 octobre 1911, une soixantaine d’ouvriers travaillent sur le chantier de la grande malterie des frères Sassot, à Nogent-sur-Seine. Le bâtiment industriel, qui doit compter sept étages, est alors en cours d’aménagement. Au cours de la journée, la structure s’effondre, ensevelissant plus de 40 personnes sous les décombres.
Le bilan fait état de 37 morts et de plusieurs blessés.
D'importants moyens mobilisés
D’après les différentes archives recensées, les opérations de secours ont nécessité l’intervention de nombreux hommes. L’ingénieur des Ponts et Chaussées Albert Caquot participe à leur coordination, avec le soutien de militaires du 5e régiment du génie de Versailles et du 60e régiment d’artillerie de Troyes.
Des photographies et cartes postales réalisées à l’époque montrent l’état du bâtiment après son effondrement. Plusieurs murs extérieurs sont encore debout, tandis que les planchers intérieurs ont disparu.
Une enquête sur les causes de l'effondrement
Des investigations sont engagées pour déterminer l’origine de l’accident et les éventuelles responsabilités. Les éléments porteurs du bâtiment, notamment les poteaux intérieurs en fonte, sont mis en cause. Leur rupture aurait provoqué l’effondrement successif des planchers.
Un site repris par le groupe Soufflet
Le projet industriel se poursuit malgré l’accident. La malterie est reconstruite entre 1913 et 1915. En 1953, Jean Soufflet reprend l’établissement, qui occupera par la suite une place importante dans le développement des activités du groupe.
C’est cette évolution qui explique l’association fréquente entre la catastrophe de 1911 et le nom de Soufflet, même si l’entreprise n’était pas propriétaire du site à cette époque.