Toujours accompagné d’un de ses chats sur les épaules, personnage bien connu de certains Troyens, Michel Pothier vit, de son propre aveu, un cauchemar. Le 15 juin dernier, alors que ses compagnons sont laissés seuls dans sa voiture, l’homme de 79 ans est appréhendé et accusé d’abandon et d’actes de cruauté envers un animal. Depuis, Akil, Arianne et Salma, trois chats de race turc de Van, ont été saisis par la justice..
Une demande de restitution rejetée
Le 15 octobre, le tribunal a refusé une première demande de restitution des animaux. En août 2026, une association de protection animale avait été mandatée pour inspecter le domicile de Michel Pothier. Les conclusions n’ont pas plaidé en sa faveur.
Les fonctionnaires de la Police nationale qui s'étaient déplacés avaient constaté la présence de trois chats dans un véhicule encombré de détritus, sale, malodorant et dont les fenêtres arrière étaient ouvertes sur 10 centimètres. En août 2026, une association de protection animale était requise pour contrôler l'état du logement du mis en cause et vérifier si les conditions d'accueil des animaux s'étaient améliorées. Faute d'amélioration des conditions sanitaires, le parquet rejetait la demande de restitution des chats.
Des accusations fermement réfutées
Michel Pothier conteste point par point les faits qui lui sont reprochés. Sur la question de la température ce soir du 15 juin, il avance ses propres données : selon lui, il faisait 20 degrés et non 28 comme mentionné dans la lettre recommandée qu’il a reçue. Il souligne également que ses chats, une race habituée aux grands écarts thermiques des montagnes turques, ne courraient selon lui aucun danger. Quant à l’absence de nourriture et l’insalubrité constaté durant la perquisition de son domicile , il rappelle qu’il se trouvait alors en garde à vue.
« Ils sont partis, ils m’ont été retirés, kidnappés il y a quatre mois et demi maintenant. Et surtout, nous n’en voyons pas la fin. Ils sont condamnés à la prison jusqu’à perpétuité, dans mon esprit. Je n’ai pas de droit de visite, ce qui est une horreur. On me parle de trois ans de prison, 45 000 euros d’amende. C’est délirant et inimaginable », déplore l’éleveur.
Quarante ans d'élevage d'une race rare
Michel Pothier élève des turcs de Van depuis quarante ans. Cette race rare, originaire des rives du lac de Van en Turquie, lui tient particulièrement à cœur. Il rappelle avoir présenté ses animaux dans une vingtaine de magazines, dont six pages dans 30 Millions d’Amis ou encore Terre Sauvage. Il regrette aujourd’hui que ses chats soient hébergés dans une pièce de dix mètres carrés avec une fenêtre grillagée, un environnement qu’il juge inadapté à cette race active et spacieuse.
Pour rappel les trois animaux ont été confiés sur demande de la justice à l’association l’école du chat, qui assure du bon traitement des chats.
Un appel à préparer dans le mois
L’affaire a suscité un élan de solidarité : une pétition a recueilli plus de 4 500 signatures et plusieurs personnalités publiques ont exprimé leur soutien à Michel Pothier. Ce dernier dispose désormais d’un délai d’un mois (soit jusqu’au 15 novembre) pour contester la décision de justice. Il se tourne vers des associations et sollicite une aide juridique pour monter son recours.
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