Depuis la mi-septembre, la tranche numéro 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine est à l’arrêt pour une « visite partielle ». L’un des trois types d’arrêts planifiés qui rythment la vie du parc nucléaire français. L’objectif : inspecter, entretenir et remplacer des équipements selon un calendrier établi sur des cycles allant de deux à dix ans.
En fonctionnement normal, un réacteur produit de l’électricité pendant environ dix-huit mois d’affilée. Les deux tranches de Nogent-sur-Seine alimentent environ 3,5 millions de foyers. L’arrêt est la seule occasion d’accéder à des installations inaccessibles en régime de production.
Nous sommes sur une visite partielle qui contient 13 000 activités, à la fois des activités de contrôle, de maintenance et de modification.
Des mois de préparation pour quelques semaines de travaux
Derrière ces 13 000 activités se cache un travail de préparation colossal. Alexis Pokorski, planificateur référent, le résume sans détour : entre douze et dix-huit mois sont nécessaires pour établir les analyses de risque et le planning d’enchaînement des opérations. Une fois la phase de réalisation lancée, il faut mettre à jour ce planning en temps réel, en collectant les remontées du terrain.
Certains intervenants, des ressources rares, ne sont présents que quelques jours sur le site avant de repartir vers d’autres centrales. Pas question de les faire attendre.
Il y a des intervenants, des ressources rares qui ne seront là que quelques jours, qui doivent repartir à certaines dates.
activités de maintenance programmées
heures de travaux de robinetterie et de contrôle
Du combustible au pont de levage : une vingtaine d'opérations sur le réacteur
L’arrêt porte sur les trois grandes composantes d’une tranche nucléaire. Le bâtiment réacteur, reconnaissable à sa forme ronde, abrite la cuve où se produit la réaction nucléaire. À chaque arrêt de maintenance, un tiers des 193 assemblages combustibles est remplacé. La salle des machines, contiguë, concentre le groupe turbo-alternateur : c’est là que la vapeur entraîne les turbines, qui font tourner l’alternateur et injectent l’électricité sur le réseau. Enfin, la tour aéroréfrigérante — une demi-tour Eiffel selon les mots des techniciens — transforme la vapeur en eau grâce à des milliers de grilles, remplacées par secteur à chaque arrêt.
Parmi la vingtaine d’opérations prévues au sein du réacteur, deux retiennent particulièrement l’attention. Le pont de levage, capable de soulever des charges allant d’une simple caisse au couvercle de cuve, a été renforcé pour limiter les pannes. Une soupape a également été remplacée — obligation réglementaire pour anticiper les visites décennales prévues en 2029 et 2030, qui statueront sur la poursuite de l’exploitation des deux tranches.
Dans la salle des machines, les équipes mobiles spécialisées d’EDF ont déplacé la pièce principale du turbo-alternateur, qui pèse 250 tonnes, afin d’expertiser ses éléments mécaniques.
La sécurité, priorité absolue sur chaque poste
Sur un poste de huit heures, le temps de travail effectif devant un équipement ne dépasse pas cinq à six heures. Les deux à trois heures restantes sont consacrées aux contrôles préalables obligatoires. Une règle non négociable, qui illustre la rigueur des protocoles de sûreté encadrant chaque intervention.
La fin de cet arrêt pour visite partielle est prévue début janvier. La tranche numéro 1 pourra alors reprendre sa production.